Au cœur d'une canicule historique, le gouvernement français veut envoyer les 12 dauphins de Marineland dans des delphinariums en Espagne, bien avant la date annoncée du 30 août. Ce transfert pourrait leur coûter la vie en période de fortes chaleurs. Les associations ont déposé un recours suspensif pour tenter de bloquer ce transfert.
Nouveau rebondissement dans l’affaire des cétacés de Marineland. Avec l’interdiction officielle de leurs spectacles en décembre 2026, les 12 dauphins et les deux orques du Marineland d’Antibes risquent d’être envoyés en Espagne, où ils seraient exploités dans des conditions pires qu’en France.
D’ici quelques jours, les 12 dauphins de Marineland risquent d’être transférés alors que les bassins où ils se trouvent actuellement sont en parfait état. « Il n’y a aucune urgence à envoyer ces dauphins vers des bassins plus vétustes que ceux où ils se trouvent déjà, en les séparant d’une partie de leur groupe », dénonce Sea Shepherd France.
Le trajet peut être potentiellement létal. Hors de l’eau, un dauphin doit être maintenu dans des conditions thermiques très strictes. Or, en période de fortes chaleurs, chaque étape du transport devient un facteur de risque supplémentaire. Les phases de manipulation, de contention, de transport routier puis aérien exposent les animaux à des variations thermiques importantes, quand les températures extérieures peuvent dépasser 30 à 35 °C.
« Nous n’abandonnerons pas ces dauphins aux conséquences de choix politiques et d’inertie administrative », explique Lamya Essemlali.
En 2021, les associations françaises de défense du bien-être animal avaient obtenu une avancée majeure : une loi interdisant les spectacles et le maintien en captivité d’animaux sauvages en France. Cinq ans plus tard, son entrée en vigueur arrive à grande vitesse pour les cétacés, et rien n’est prêt, ou presque, pour les douze dauphins et deux orques de Marineland, ainsi que les onze dauphins du parc animalier Planète Sauvage à Nantes.
Les associations travaillent activement à l’établissement de sanctuaires en Europe pour les dauphins et pour les orques Wikie et Keijo.
En plus du recours suspensif, Sea Shepherd France a lancé une pétition sur la plateforme de La Relève et La Peste pour empêcher leur transfert et exiger la création d’un sanctuaire en Europe, conformément à la loi. L’ONG propose également aux citoyens plusieurs actions pour interpeller l’État français.