Mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a rendu sa décision dans le dossier des assistants parlementaires européens du Front national (FN). Elle a ouvert la voie à une 4ème candidature à la présidentielle de Marine Le Pen en réduisant son inéligibilité.
Coup de théâtre dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la Cour d’appel n’a pas suivi les réquisitions du parquet et a réduit la peine d’inéligibilité de Marine Le Pen.
La justice confirme que la leader du Rassemblement nationale est coupable de détournement de fonds publics et complicité de ce délit. On évalue à environ 2,9 millions d’euros la somme « détournée » par le parti d’extrême droite.
A l’origine, le parquet avait requis contre Marine Le Pen une peine de 5 ans d’inéligibilité, à quatre ans de prison, dont trois ans avec sursis, et l’aménagement de l’année de prison ferme en détention à domicile sous bracelet électronique.
En appel, Marine Le Pen est condamnée à 100 000 euros d’amende, trois ans d’emprisonnement dont deux ans avec sursis et un an ferme aménageable, et à une peine d’inéligibilité de 45 mois dont 30 mois assortis du sursis.
Patrick Maisonneuve, l’avocat du Parlement européen s’est exprimé à la sortie de la salle d’audience et a salué la décision prise: « Ils ont volé l’argent du contribuable européen et du citoyen français (…) Nous le disons depuis des années et ça a été confirmé deux fois ».
Avec cette peine d’inéligibilité réduite en appel, elle a la possibilité de se présenter à la présidentielle, mais elle devra être dotée d’un bracelet électronique pendant un an. Si elle se présentait et était élue, elle deviendrait alors la première présidente de la république sous bracelet électronique.
A noter, Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du RN, écope d’une peine d’un an avec sursis. Il est également condamné à deux ans d’inéligibilité avec sursis et à 5 000 euros d’amende. Il pourra donc rester maire.
Marine Le Pen avait déclaré qu’elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique. Elle est partie du tribunal sans faire de commentaires, laissant planer le flou entre une candidature de Bardella ou la sienne. Marine Le Pen s’exprimera sur ses intentions au 20h de TF1 ce soir. Tous ses co-prévenus (Guillaume L’Huillier, Catherine Griset, Julien Odoul, Nicolas Bay) ont été condamnés en appel.