Avec la canicule, écosystèmes et animaux sont en souffrance, particulièrement dans les élevages intensifs. L’hécatombe est telle que les stations d'équarrissage sont saturées dans l’Ouest de la France. Les éleveurs sont exceptionnellement autorisés à enterrer les cadavres près des exploitations.
Dans les élevages, les volailles étouffent, les poules pondent moins, les vaches produisent moins de lait. La canicule fait des morts partout, et encore plus dans les élevages. Les éleveurs sont sous le choc. Dans la plupart des départements de l’Ouest, les services d’équarrissage sont saturés.
Dans les Pays de la Loire, l’une des principales zones de production, le conseil régional lance l’alerte : « Les estimations font déjà état de plus de 1 500 tonnes de cadavres d’animaux à prendre en charge, principalement pour les volailles. Cette situation soulève d’importants enjeux sanitaires et logistiques. »
Les mortalités peuvent survenir en seulement quelques heures lors des épisodes de chaleur extrême. « Dans les bâtiments de volailles de chair, qui peuvent accueillir entre 30.000 et 40.000 poulets, on a des pertes à plus de 10.000 animaux », affirme Thierry Houel, président de la FDSEA des Côtes d’Armor, au micro de la radio ICI.
Sur le secteur de Loudéac, où le thermomètre enregistre des pics proches de 40° depuis lundi, un éleveur a perdu 2 800 volailles. Les élevages porcins sont aussi sévèrement touchés. En cause : le manque d’isolation des bâtiments et la concentration des animaux, déjà délétère en temps normal, inadaptés à des chaleurs aussi fortes.
« Alors qu’un épisode caniculaire secoue cette semaine la France, les limites de ce modèle apparaissent clairement : entassés à 22 par mètre carré dans des bâtiments fermés, les poulets subissent de plein fouet les effets des fortes chaleurs », dénonce l’association L214.
Face à l’afflux de cadavres d’animaux, les services d’équarrissage sont saturés. C’est pourquoi l’État autorise exceptionnellement l’enfouissement des dépouilles sous strict contrôle sanitaire. Chaque enfouissement devra avoir « l’accord préalable de la Draaf ».
Un hydrogéologue est également missionné par l’État pour valider la conformité du site choisi pour l’enfouissement, afin de ne pas polluer les nappes phréatiques. De la chaux est utilisée pour limiter les risques de propagation. L’enterrement doit se faire rapidement, idéalement dans les 24 heures et au plus tard dans les 48 heures suivant la mortalité.
Pour essayer d’amoindrir l’impact de la chaleur, certains bâtiments sont équipés de ventilateurs ou de trappes d’aération. Ces dernières ont une efficacité limitée quand la température extérieure est trop élevée. Certains éleveurs utilisent des brumisateurs, mais sans en abuser « car l’air ambiant trop humide, un peu comme dans un hammam, peut entraîner des risques de suffocation ». C’est l’effet du « thermomètre mouillé ».
Alors que les vagues de chaleur à répétition rappelle que l’élevage intensif est une aberration écologique et sanitaire, le gouvernement veut le renforcer en France. Le projet de loi d’urgence agricole, actuellement débattu au Sénat, veut construire en France 2 200 nouveaux poulaillers intensifs sur dix ans, pouvant comprendre jusqu’à 85 000 poulets. Les hécatombes ne sont pas prêtes de s’arrêter.
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