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Trump saborde 900 capteurs océaniques cruciaux pour surveiller le climat : la recherche sur le réchauffement climatique recule encore

Ces capteurs, exploités par la communauté scientifique mondiale, servaient notamment à suivre l'AMOC, ce méga-courant océanique dont dépend une large part de notre climat.  

Neuf cents capteurs, des millions de données, vingt ans de recherche à venir. D'un trait, l'administration Trump vient d'arracher les yeux scientifiques plantés au fond des océans. Retirés au nom des coupes budgétaires, ils s'inscrivent dans une offensive plus large. Depuis son retour à la Maison-Blanche, l'administration Trump a engagé la destruction méthodique du budget environnemental fédéral américain.

La course contre le réchauffement climatique recule encore. Donald Trump, qui considère le dérèglement climatique comme un vaste « canular », vient de décider le retrait de près de 900 appareils de mesure utilisés pour étudier les fonds marins. Au nom d’une coupe budgétaire évalué à 48 millions de dollars par année (maison blanche). 

Évalués à 365 millions d’euros, ces instruments de recherche étaient en service depuis 2016 et devaient l’être jusqu’en 2040. Ces capteurs, exploités par la communauté scientifique mondiale, servaient notamment à suivre l’AMOC, ce méga-courant océanique dont dépend une large part de notre climat.  

Encore plus préoccupant, cette suppression intervient en plein épisode El Niño, qui va provoquer la hausse moyenne des températures et des événements météorologiques extrêmes au cours des prochains mois. Ses signaux les plus révélateurs se trouvent dans les profondeurs, que les satellites n’atteignent pas. Ce sont précisément ces profondeurs que les capteurs permettaient de sonder. 

Leur rôle était précieux : comprendre comment l’océan absorbe les gaz à effet de serre, mesurer les effets des vagues de chaleur sur les pêcheries, cartographier des dynamiques océaniques encore mal comprises.  

« À mesure que nous réduisons la quantité de données dont nous disposons sur le changement climatique, il devient beaucoup plus difficile pour nous, en tant que société, de comprendre à quoi nous sommes confrontés et ce que nous devons faire pour nous adapter », a déclaré au Guardian Hilary Palevsky, professeure de biogéochimie marine et d’océanographie au Boston College. 

Ces capteurs ne sont qu’une goutte dans un océan de suppressions. Depuis le début de son mandat, Trump a engagé une démolition méthodique du budget environnemental fédéral. Le budget de l’EPA (agence de protection de l’environnement) pour l’exercice 2026 passerait de 9,14 milliards à 4,16 milliards de dollars. Soit une baisse de 54%. Inférieure à ce qu’était l’EPA lors du premier mandat Trump.  

De son côté, la NOAA (Administration nationale des océans et de l’atmosphère), a proposé de supprimer l’intégralité de ses programmes de recherche climatique, représentant environ 220 millions de dollars de coupes supplémentaires.  

Pour l’exercice 2027, l’administration demande l’annulation de plus de 15 milliards de dollars alloués au département de l’Énergie pour les programmes d’énergies renouvelables et de capture de CO2. Au total, les dépenses discrétionnaires hors défense seraient réduites de 163 milliards de dollars, soit 23% de moins que le budget en vigueur. 

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Axel Guerillot

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