Ce lundi 2 février, Sadik Celik a été condamné à 1000 euros d’amende avec sursis, et plus de 25 000 euros de dommages et intérêts pour avoir bloqué le chantier d’une ligne à Très Haute Tension dans les Landes.
Sadik est un écureuil infatigable, du haut de ses 62 ans. Animé par une profonde connexion aux « frères arbres », il est empreint de la culture Mapuche dont il porte le surnom, et pour laquelle il prend volontiers part aux combats.
« Même les derniers écosystèmes forestiers Mapuche (protégés par l’UNESCO) au Chili et en Argentine sont actuellement menacés par les incendies criminels des destructeurs industriels », explique-t-il.
Dans les Landes, le militant écologiste a passé plusieurs mois dans les cimes, du 24 février au 9 avril 2025, afin de ralentir le chantier de la ligne THT de 400 000 volts en courant continu. Lors d’une première audience correctionnelle le 8 décembre 2025, RTE avait réclamé plus de 108 000 euros de dommages et intérêts.
« Ce soi-disant « projet d’intérêt public », lancé sans véritable consentement, est un immense mensonge « vert » qui s’étend des forêts à l’océan, de Bordeaux à Gatica, au Pays basque espagnol. L’environnement électromagnétique qui se créera dans l’écosystème océanique endommagera les tissus psychologiques, biologiques et génétiques de toutes les espèces de poissons », a-t-il rappelé à la sortie de l’audience.
Hélas, le parquet n’a pas retenu l’état de nécessité et l’urgence climatique. Ce lundi 2 février, la sentence du tribunal judiciaire de Dax est tombée devant Sadik et ses soutiens : une première peine de 1 000 euros avec sursis, qu’il n’aura pas à payer s’il ne commet pas de nouvelles infractions dans les cinq prochaines années.
Surtout, l’écureuil va devoir verser des dommages et intérêts aux sociétés Inelfe et RTE, en charge de la construction et de la mise en service des interconnexions électriques entre la France et l’Espagne.
Au titre du préjudice subi, il devra 2 553 euros pour le blocage des travaux, 22 389 euros pour un autre blocage des travaux ayant entraîné la création d’une piste et 496 euros pour le nettoyage d’engins, soit un total de 25 438 euros.
Si la sentence est lourde, elle n’a pas découragée l’écureuil pour autant, qui n’a pas de quoi la payer à l’heure actuelle.
« Je suis le défenseur des arbres et de l’eau. En tant que citoyen du monde, j’ai voulu avertir ceux qui commettent des crimes contre l’écosystème sans recourir à la violence. Chaque arbre, chaque oiseau, chaque abeille, chaque insecte, chaque renard et chaque être humain, en ont été témoins. Mon approche vise uniquement à protéger notre planète pour les générations futures », a-t-il précisé à La Relève et La Peste.
Sadik, soutenu par le GNSA, dispose de 10 jours pour faire appel. Ils ne savent pas encore s’ils vont tenter un autre jugement.
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