Les forêts françaises absorbent aujourd'hui moitié moins de CO₂ qu'il y a dix ans. Un recul préoccupant, alors qu'elles sont censées jouer un rôle clé dans la stratégie française de neutralité carbone.
Un puits de carbone naturel est un écosystème qui capte le dioxyde de carbone (CO2) puis le stocke sous la forme de matière organique.
Si l’océan reste le principal puits de carbone de la planète, les forêts sont les écosystèmes terrestres captant et stockant le plus de CO2. Elles absorbent le carbone par la photosynthèse et le stockent dans les arbres vivants, le bois mort et les sols. Mais les forêts restituent aussi une part de ce carbone à l’atmosphère par la respiration des arbres et la décomposition de la matière organique.
« Le puits de carbone forestier correspond donc à un équilibre dynamique, défini par la différence nette entre le carbone absorbé et celui rejeté par les forêts dans l’atmosphère au cours d’une période donnée », explique l’association Canopée.
Les forêts françaises absorbent moins de carbone
Si la France compte s’appuyer sur le puits de carbone forestier pour limiter sa contribution au changement climatique global, la capacité des forêts à capter du CO2 diminue drastiquement alerte l’association Canopée dans son dernier rapport.
En effet, le puits de carbone forestier français a chuté de moitié entre 2013 et 2021, affirme l’association Canopée, en se basant sur les conclusions du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa).
En cause ? Les effets de sécheresses répétées et des maladies, qui entraînent un ralentissement de la croissance des arbres et une surmortalité, ainsi qu’une hausse des prélèvements de bois.
Une chute due à des choix politiques
Si la chute des puits de carbone est alarmante, il reste possible de réagir pour l’atténuer.
« La chute du puits de carbone forestier français n’est pas une fatalité liée au seul changement climatique : elle est, pour une part significative , le résultat de choix politiques identifiables et réversibles, » affirme l’association de protection des forêts.
Parmi ces choix figurent l’absence de réglementation des coupes rases et des injonctions gouvernementales répétées à la hausse des prélèvements de bois. La 3e Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), prévoit ainsi une augmentation de la récolte en forêt de 53 millions de m3/ an à 60 millions m3/an en 2030, soit 7 Mm3 supplémentaires par an.
L’association Canopée dénonce également une politique de soutien de l’État au bois-énergie et à des projets comme BioTJet, qui prévoit la création d’une usine de biocarburants pour avions à partir de bois. La destruction des forêts et des puits de carbone se fait au nom de la lutte contre le changement climatique.
L’association Canopée, elle, milite pour mettre en place d’autres politiques : « réorienter les aides publiques d’un soutien massif au bois-énergie vers une sylviculture plus respectueuse des écosystèmes et une meilleure transformation des volumes récoltés en bois d’œuvre ».
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