L'Islande a arrêté et ordonné l'expulsion de 21 militants opposés à la chasse à la baleine, après que les autorités ont saisi leur navire. Ces membres de la Fondation Paul Watson menaient une opération visant à empêcher la chasse à la baleine et à documenter les massacres de rorquals communs.
« Notre navire, le Bandero, a été arraisonné en mer par les garde-côtes islandais et toutes les personnes à bord ont été placées en détention, après avoir surveillé et poursuivi durant des semaines de surveillance le Hvalur 9, l’un des deux derniers navires baleiniers commerciaux en activité en Islande », lit-on sur le site de la Fondation Paul Watson, en date du 31 juillet.
Les 21 membres de l’équipage sont toujours retenus à Reykjavik. « Bien qu’ils aient désormais été autorisés à quitter le navire, ils ne sont pas encore libres pour autant », était-il écrit le 6 août sur le compte Instagram de Paul Watson.
Selon des propos du porte-parole de la police islandaise rapportés par l’AFP, les membres « se sont vu notifier une décision d’expulsion assortie d’une interdiction de retour ».
Les rorquals communs, une espèce vulnérable
Sur Instagram, Paul Watson (qui n’était pas à bord) appelle « le gouvernement islandais à justifier le fondement juridique de cette intervention, à garantir à l’équipage l’accès à une assistance juridique et à démontrer que les autorités publiques ne sont pas instrumentalisées pour protéger la chasse commerciale à la baleine ».
Le Bandero agissait en Islande dans le cadre de l’Opération 86, visant à entraver la dernière campagne de chasse commerciale au rorqual commun menée par l’entreprise Hvalur hf de Kristján Loftsson. Le rorqual commun est pourtant une espèce vulnérable (selon la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature – UICN).
« Tout au long de la campagne, le Bandero a fait l’objet d’une surveillance étroite de la part des garde-côtes islandais », rapporte la Fondation. « Des avions, hélicoptères, drones, patrouilleurs et autres moyens des garde-côtes ont été utilisés à maintes reprises pour suivre les déplacements du Bandero chaque fois qu’il s’approchait des navires baleiniers de Hvalur. »
Une opposition importante de la population à ces pratiques
Une trentaine de rorquals communs ont été tués au cours de la saison de chasse commerciale à la baleine 2026 en Islande. Un chiffre encore trop élevé mais néanmoins en baisse. Sur la même période en 2022, 55 baleines ont été tuées.
Selon la Fondation, cette tendance positive pourrait s’expliquer par le succès des opérations de surveillance des baleiniers, mais aussi par une opposition de plus en plus importante de la population à la chasse aux baleines.
Par ailleurs, le récent gouvernement en place, de centre gauche, « s’est engagé à présenter un projet de loi visant à mettre fin à cette pratique, tandis qu’un référendum national sur l’adhésion à l’Union européenne, prévu pour le 29 août, a encore intensifié le débat sur l’avenir du secteur », explique la Fondation, qui estime « que l’Islande aborde un moment charnière pour l’avenir de son industrie baleinière ».
La Fondation appelle à accroître la pression sur les autorités islandaises en soutenant l’Opération 86.
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