Alors que l’implantation d’un méga data center de Google se dessine dans l’Indre, des tensions émergent. Pour dénoncer le manque d’informations et la mainmise de Châteauroux Métropole sur le dossier, quatre conseillers municipaux et la maire d’Étrechet – la commune censée accueillir l’infrastructure – ont annoncé leur démission.
Le lundi 14 septembre, s’amorçait une première crise politique locale liée au projet de data center de Google. Quatre conseillers municipaux d’Étrechet annoncent leur démission. Le lendemain, c’est au tour de la maire, Florence Laurent, de leur emboîter le pas.
Une décision qu’elle justifie dans un communiqué par « un désaccord sur la prise en compte des avis sur le projet Google sur notre territoire ».
Cette petite commune pourrait bien accueillir un encombrant voisin d’ici la fin de la décennie. Le géant américain Google a en effet des vues sur la zone d’aménagement concertée (ZAC) d’Ozans pour y installer un hyperscaler – un data center colossal.
Avec 8 à 10 data centers, répartis sur 195 hectares (l’équivalent de 273 terrains de football) et nécessitant une puissance électrique supérieure à 500 MégaWatt, ce projet pourrait devenir l’un des plus colossaux en France.

Cartographie du projet de data center Google sur la commune d’Étrechet, en périphérie de Châteauroux – Source : Commission Nationale du Débat Public
Un projet opaque
Plus d’un an après son annonce, les informations publiques relatives au projet restent pourtant très limitées. En cause, une véritable « culture du secret » et l’accaparement du dossier par Châteauroux Métropole et son président, Gil Avérous, révèle une enquête de l’Observatoire des multinationales.
Face à cette disparité, les élus d’Étrechet ont profité d’un conseil municipal en présence de Gil Avérous, tenu le 9 septembre, pour éclairer les nombreuses zones d’ombre qui persistent. « Nuisances visuelles, PFAS, dévalorisation des habitations, trafic routier », précise la maire. Malgré ces interrogations légitimes, il leur est rétorqué que le projet sera réalisé.
D’autres volets du dossier génèrent également des inquiétudes. En matière de récupération de la chaleur fatale, l’absence d’infrastructures existantes et l’éloignement du site avec l’agglomération de Châteauroux (10 km) questionnent sa faisabilité.
Sur le plan de l’alimentation électrique, le territoire ne dispose pas d’infrastructures suffisantes pour alimenter un projet de cette envergure. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE annonce ainsi des investissements à hauteur de 300 millions d’euros pour renforcer les lignes existantes, ce qui fera l’objet d’une concertation publique du 28 septembre au 22 novembre 2026.

Florence Laurent, en blanc, et une partie de l’équipe municipale démissionnaire
Vague de démissions en guise de protestation
Face au mépris opposé à leurs interrogations, une partie des élus décide de claquer la porte. Dans un communiqué datant du 14 septembre, ces derniers déplorent un « projet hors norme qui échappe totalement à toute capacité de décision de la commune, tout en faisant peser des risques cumulés lourds sur notre territoire ».
La maire Florence Laurent évoque « un souci de cohérence avec [ses] convictions et la responsabilité [qu’elle a] à l’égard des habitants ».
Malgré ce revirement, le président de Châteauroux Métropole Gil Avérous maintient le cap d’une fuite en avant technophile et continue de parler « d’une opportunité historique de développement, de création d’emplois et d’activités pour [le] Département ».
Alors que des premières tensions émergent autour de ce projet, un autre site en Indre serait à l’étude pour un deuxième data center de Google.
Face à l’accaparement des terres par le géant américain, le collectif citoyen « Ozans dire non » s’organise pour lutter contre la prolifération incontrôlée des data centers.
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