Les essais politiques du Pays basque se transforment dans Les Landes. La municipalité de Tarnos, dans le sud des Landes, a décidé de durcir la fiscalité sur les résidences secondaires, portant la surtaxe à 60 %, le maximum autorisé. L'objectif est de remettre des biens sur le marché locatif.
Dans les Landes, les résidences secondaires et les meublés touristiques sont un fléau. De nombreux locaux peinent à ne trouver ne serait-ce qu’une simple location, les prix de l’immobilier sont exorbitants, et il est courant que des familles ou locataires soient contraints de quitter leur logement chaque été pour laisser la place aux touristes, plus rentables.
C’est pourquoi la Ville de Tarnos a décidé de prendre les choses en main. Durant le conseil municipal du 20 mai, les élus ont voté l’application des taux maximums pour la taxe sur la vacance et une surtaxe de 60 % sur les résidences secondaires. Cette dernière va toucher 400 résidences secondaires meublées de la ville, dès le 1er janvier 2027.
« Nous avons voulu donner un signal fort car nous sommes malheureusement impactés, comme beaucoup de villes du secteur, par la bombe sociale du problème du logement », explique Marc Mabillet, Maire (PCF) de Tarnos, pour France3Régions.
Face à l’explosion de la demande de logement, les agences immobilières ont bien accueilli cette surtaxe. Car la difficulté à se loger menace aussi le tissu économique local. Faute de trouver des logements pour les salariés, les entreprises peinent à recruter. Résultat, Tarnos se dépeuple progressivement. En 15 ans, le nombre de naissances a été divisé par deux.
En France, un logement sur dix est une résidence secondaire, faisant de notre pays celui au monde où il y en a le plus par habitant. Massivement présentes sur le littoral ou en altitude, on les trouve aussi dans les intercommunalités les plus densément peuplées. En plus de la spéculation immobilière, ce phénomène participe à l’aggravation de la crise écologique sur certains territoires en entraînant les communes à construire toujours plus de logements.
Département d’accueil le plus important en Nouvelle-Aquitaine, juste après la Gironde, Les Landes souffre aujourd’hui d’une trop grande attractivité : les prix flambent et la location à l’année est devenue un parcours du combattant pour les familles et les jeunes.
« On a vu arriver la vague, mais pas l’emballement de la machine avec le Covid. Il y a un véritable siphonage des logements qui deviennent des actifs financiers. La saturation du Pays basque a empiré la situation, c’est pourquoi le Seignanx est particulièrement touché. Le marché de la résidence secondaire a tendance à vampiriser celui de la résidence principale » résume Nicolas Zacchello, chargé de mission au service urbanisme à la Communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud
Le Pays basque, dans la même situation, avait pris une mesure forte le 1er mars 2023. Les propriétaires (physiques ou moraux) qui veulent mettre en place une location saisonnière permanente sur l’une des 24 communes basques en zone tendue doivent obligatoirement proposer un autre bien à la location à l’année dans la même ville.
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