Lors du Chaos Communication Congress à Hambourg fin 2025, une hacker allemande connue sous le pseudonyme Martha Root a mené une opération spectaculaire en direct : déguisée en Power Ranger rose, elle a supprimé en temps réel trois sites web de rencontre pour néo-nazis.
Vêtue d’un costume rose de Power Ranger, une hackeuse utilisant le pseudonyme de Martha Root a fait sensation lors du congrès annuel Chaos Communication à Hambourg, en Allemagne.
« Je préfère camoufler mon identité parce que les néo-nazis sur lesquels j’enquête sont des personnes très dangereuses », a précisé la hackeuse à TheGuardian.
Lors de la conférence, elle a supprimé les serveurs de White Date (surnommé le « Tinder des nazis »), de White Child (qui met en relation des donneurs de sperme et d’ovules suprémacistes blancs) et de White Deal (une plateforme raciste de travail indépendant). Ces plateformes sont connues pour être profondément racistes et dangereuses.
Parmi les profils qu’on pouvait trouver sur ce site : « Je suis un allemand qui adore la culture et les traditions allemandes, et vis en respect des valeurs conservatrices. Je cherche une épouse qui m’accompagnera dans cette voie pour construire une famille. J’ai de très bons gènes »
En live, elle a tout supprimé : les serveurs hôtes, tous les back-ups, les profils des internautes, leurs emails. Root a également entraîné un chatbot IA à interagir avec les utilisateurs de White Date afin d’obtenir un maximum d’informations avant de divulguer leurs données personnelles sur un site web révélant leur géolocalisation.
Cerise sur le gâteau, alors qu’elle s’attendait à une « shitstorm, 95% des retours reçus ont été très positifs », démontrant l’engouement de l’opinion publique pour stopper les sites racistes.
Pour prouver l’authenticité du hack, Martha Root a transmis 100 Go de données à l’organisation DDoSecrets, destinées à des journalistes et chercheurs vérifiés. L’administrateur des sites, de son côté, a reconnu l’attaque sur le réseau X, la qualifiant de « cyberterrorisme ». Il a également expliqué que certains de ses comptes avaient été temporairement supprimés. Martha Root affirme connaître l’identité précise de l’individu à l’origine de ces plateformes, mais refuse de la divulguer pour l’instant.
Si certains sites ont rouvert depuis, pour Martha Root, son histoire prouve que « si on y consacre du temps et des efforts, on peut agir contre ces sites et leurs réseaux, et ce « bullshit » raciste peut être arrêté ».
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