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« L’assassinat de Pengo Bossio Wangi s’inscrit dans l’histoire des crimes racistes français »

Pour le père de Pengo : « si la mort de notre fils doit servir à quelque chose, c’est de sensibiliser sur le racisme qui gangrène la société française depuis des décennies ».

Le racisme tue toujours deux fois, disait la sociologue Rachida Brahim. Une fois par la violence physique et une seconde fois par le déni. Aujourd'hui, nous rendons hommage à Pengo Bossio Wangi.

Aujourd’hui, à 16 heures à Guyancourt, a lieu l’inhumation publique de Pengo Bossio Wangi, 26 ans, tué dans l’attentat raciste du 23 octobre. Elle est ouverte à tou.te.s. La tenue souhaitée par la famille est « couleurs vives ».

« Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent », peut-on lire sur le faire-part de décès, une phrase tirée d’un verset du Nouveau testament.

Né le 12 septembre 2000, le jeune homme vivait à Guyancourt. Espoir du MMA, il combattait chez les amateurs à l’Atch Academy d’Aubervilliers et voulait passer professionnel.

Le vendredi 23 octobre vers 10 heures, il se rendait à Trappes pour son stage d’agent de sécurité quand il a été atteint d’une dizaine de balles. L’attentat raciste, commis par Kévin T., a fait un mort et sept blessés, dont quatre graves, dont une petite fille de 12 ans. L’une d’entre elles a toujours « son pronostic vital engagé ». Kevin T. a tiré 128 cartouches au pistolet-mitrailleur.

Olivier Christen, procureur national antiterroriste, a précisé au micro de RTL qu’il y aurait eu en tout 30 victimes, en comptant les 22 personnes qui « n’ont pas été atteintes physiquement, soit parce que leur véhicule a été touché par des balles, soit parce qu’elles ont été visées sans être atteintes, ce qui crée évidemment un trouble psychologique ».

Un attentat raciste prémédité

Durant sa garde à vue, Kevin T, homme de 39 ans, a reconnu la « préméditation » de son acte et expliqué avoir spécifiquement ciblé des personnes de « type musulman, africain ou nord-africain ».

Si le meurtrier a d’abord prétexté des « troubles psychiatriques », l’examen médical mené lundi a montré que Kevin T.« ne présentait pas de symptômes de décompensation aiguë, ni de signes directs ou indirects en faveur d’une activité hallucinatoire ou délirante », ni « de signes cliniques d’une pathologie aliénante décompensée justifiant une hospitalisation sous contrainte ». Selon le médecin, « le diagnostic de schizophrénie allégué » par Kevin T. est « davantage une interprétation de l’intéressé qu’une conclusion médicale ».

Le tueur raciste avait confectionné 30 autocollants portant la mention « Vive la France, RN [Rassemblement national], fier d’être français », trouvés à son domicile par la police. Lors de l’interrogatoire, le suspect a pourtant prétendu « n’être sympathisant et de n’avoir adhéré à aucun parti politique ».

Une histoire de haine

Hélas, « l’assassinat de Pengo Bossio Wangi n’est pas un acte isolé. Il s’inscrit dans l’histoire des crimes racistes perpétrés en France par des membres de groupuscules néonazis depuis les années 1980″, rappelle le sociologue et anthropologue Jérôme Beauchez.

Cruauté de l’histoire, son père, Boléma, est un vétéran des Black Dragon. Ce clan a été formé au milieu des années 1980 par de jeunes hommes noirs dans le but d’empêcher les skinheads néonazis de Paris de nuire. En France, les discours d’extrême droite se sont tellement banalisés qu’ils tuent à nouveau.

« Il y a un climat [politique] qui crée une tension. Et cela peut créer une situation générale qui peut amener certaines personnes à se dire que c’est le bon moment pour passer à l’acte », confirme le procureur.

Dans une lettre lue par sa fille, le père de Pengo a écrit que « si la mort de notre fils doit servir à quelque chose, c’est de sensibiliser sur le racisme qui gangrène la société française depuis des décennies ».

Comme l’a indiqué le parquet antiterroriste, le nombre de procédures liées à l’ultradroite sont en augmentation dangereuse depuis « quelques années » : « Nous avions une à deux procédures ouvertes par an il y a six ou sept ans, il y en a eu six en 2025, six pour l’instant en 2026. »

Depuis la création du PNAT en juillet 2019, il a ouvert 23 procédures contre des faits violents d’ultradroite, contre sept pour l’ultragauche et 481 pour le djihadisme, sur un total de 681 procédures.

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Laurie Debove

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