La désobéissance fertile : vivre en symbiose avec la Nature

« Nous avons choisi d’habiter un lieu d’une profonde poésie qui n’est pas animé par une haine du système, mais habité par du beau et du vivre-ensemble. La désobéissance fertile s’oppose à la destruction du vivant pour régénérer notre environnement. En assumant ce choix de vie, nous souhaitons que celles et ceux qui veulent vivre au plus près de la Nature ne soient plus traités comme des marginaux. » Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile
29 avril 2019 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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La révolution aurait-elle lieu dans les bois ? Vivre au plus près de la Nature tout en participant à la régénération du vivant, sans attendre que la législation évolue en faveur de notre environnement : voici venu le temps de la désobéissance fertile.

Peuple de la forêt, hors-la-loi ?

Après la désobéissance civile, place à la désobéissance fertile ? Partout en France, des personnes expérimentent d’autres modes de vie, au plus près possible de la Nature, avec pour « objectif absolu de régénérer la Vie, sans se préoccuper des lois existantes ». Où la désobéissance civile dénonce une injustice perpétrée par une institution pour la changer, la désobéissance fertile veut permettre l’expérimentation et la création de nouvelles sociétés respectueuses du vivant, sans que ses habitants soient inquiétés par les forces de l’ordre.

« Aujourd’hui, c’est toujours l’économie qui prend le pas sur la Nature pour promouvoir de nouvelles lois. En étant obligés de chiffrer les bénéfices de la Nature pour la protéger, on perpétue unsystème basé sur l’accumulation de richesses et de profits, comment alors espérer un vrai changement ? Face à l’urgence climatique, il y a une réelle nécessité d’apprendre à vivre autrement, de sortir de l’anthropocène pour aller vers un « Naturocène ». Ces quatre dernières années, je me suis beaucoup investi dans les lois et j’ai vu la lenteur avec laquelle les choses évoluent. La loi peut faire jurisprudence sur une situation donnée, mais il faut que nous puissions avant tout expérimenter par nous-mêmes.» Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile

Jonathan et Caroline ont choisi d’habiter dans une forêt en Corrèze avec leurs deux enfants de façon autonome dans une communauté d’une dizaine de personnes. La maison leur a coûté moins de 1 000 euros alors qu’elle est bioclimatique. Ils ont construit eux-mêmes leur cabane de 40m2 avec des matériaux trouvés sur place : du bois, de la terre et du foin. Ce choix de vie radical n’est pas un long fleuve tranquille, ils ont énormément réduit leurs besoins pour vivre en accord avec leurs valeurs :  récupération de baies vitrées en déchèterie, un poêle à bois pour la maison, une machine à laver avec pédalier, un chauffe-eau solaire, et bientôt la transformation d’huile de friture en carburant. Ils refusent également toute aide sociale comme le RSA.

Crédit Photo : Jonathan et Caroline

Créer une solidarité

Ce droit à l’expérimentation se veut populaire et accessible à tous. En effet, de nombreux éco-lieux restent assez élitistes avec un prix d’achat pouvant aller de 300 000 à 1 million d’euros, loin d’être à la portée de toutes les bourses, même quand des personnes se constituent en groupe pour les acheter. Jonathan veut ainsi créer une plateforme internet pour que les propriétaires de terrains sensibles au concept puissent le mettre à disposition des gens qui veulent créer ce genre de projet. Les propriétaires pourraient en échange bénéficier de biens produits sur les lieux : nourriture, vannerie, menuiserie…

Ses créateurs proposent de voir la désobéissance fertile comme une posture philosophique que chacun-e peut s’approprier, pas besoin d’adopter soi-même ce mode de vie pour y participer : un médecin peut décider de soigner gratuitement les habitants, un magasin mettre à disposition ses invendus, un urbain décider d’investir dans un terrain, des soutiens intellectuels ou pragmatiques, etc.

« Nous avons choisi d’habiter un lieu d’une profonde poésie qui n’est pas animé par une haine du système, mais habité par du beau et du vivre-ensemble. La désobéissance fertile s’oppose à la destruction du vivant pour régénérer notre environnement. En assumant ce choix de vie, nous souhaitons que celles et ceux qui veulent vivre au plus près de la Nature ne soient plus traités comme des marginaux. » Jonathan Attias, pionnier dans la désobéissance fertile

Crédit Photo : Jonathan et Caroline

Vivre en régénérant la forêt et le vivant

Jonathan et Caroline n’ont pas choisi de s’installer en forêt par hasard. Les forêts françaises sont en danger : elles souffrent de malforestation et deviennent peu à peu d’immenses monocultures sans vie, bradées pour les secteurs privés. La désobéissance fertile souhaite encourager le rachat et la protection des forêts pour empêcher leur annihilation, et leur laisser le temps de se régénérer.

Dans cette lignée, l’association Faîte et Racines s’est ainsi constituée en Corrèze pour acquérir une forêt mixte de 8ha, comprenant principalement des châtaigniers et pins sylvestres, mais aussi du hêtre, du chêne, du bouleau, de l’épicéa, du charme et du merisier. L’association veut empêcher la coupe rase de cette forêt pour favoriser des usages vivriers ou professionnels en accord avec son rythme de vie, et sans détruire toutes les espèces qui y vivent.

Dès juin et juillet, Jonathan, Caroline et leurs pairs vont ouvrir leur lieu de vie pour former gratuitement ceux qui le souhaitent à la construction de cabanes à partir de matériaux naturels, et de la vie en pleine nature. Leur but : inspirer la création d’autres lieux de désobéissance fertile.

29 avril 2019 - Laurie Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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