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Guerre de l’eau : des citoyens ont vidé une méga-bassine pour rendre l’eau à la nappe phréatique

La « bassine de la honte » sur laquelle ont pénétré les manifestants a déjà fait l'objet de cinq condamnations par la justice. Pour éviter l’important dispositif policier déployé, les 3000 participants ont joué au chat et à la souris avec les policiers avant de parvenir à s’introduire sur le site de cette méga-bassine illégale de 5 hectares (180 000 m3).
8 novembre 2021 - Laurie Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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Après une première mobilisation réussie, les opposants aux méga-bassines ont frappé encore plus fort ce weekend. Malgré un important dispositif policier déployé pour les faire reculer, plus de 3000 personnes et 20 tracteurs se sont rassemblés à Mauzé-sur-le-Mignon pour donner un coup d’arrêt immédiat aux chantiers de méga-bassines dans le Marais Poitevin. Ils ont démonté et récupéré la pompe d’une méga-bassine de 5 hectares, qui puisait directement dans la nappe phréatique, et vidé la bassine pour rendre l’eau à la nappe. Une première victoire des opposants à l’accaparement de l’eau par une poignée d’agro-industriels.

Après une première mobilisation importante mercredi 22 septembre, près de 3 000 personnes et une vingtaine de tracteurs se sont retrouvés samedi 6 novembre à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) pour réaffirmer leur opposition à un « hold-up de l’eau » qui profitera à une minorité d’exploitants acquis à l’agriculture industrielle.

Le rassemblement a eu lieu suite à l’appel de Bassines Non Merci, de la LPO, de la Confédération Paysanne et des Soulèvements de la Terre.Les organisations ont réussi à rendre cette mobilisation possible, dans la convivialité, malgré les intimidations de la préfecture qui a voulu interdire l’événement et de la FNSEA qui organisait une contre-manifestation.

Lire aussi : Guerre de l’eau : plus de 1000 opposants durcissent le ton face aux méga-bassines des Deux-Sèvres

Une centaine de syndiqués de la FNSEA ont effectivement pu s’installer sur le site d’une bassine en construction en toute tranquillité tandis que les citoyens et paysans opposés aux bassines ont été poursuivis par la police.

Au total, les acteurs de l’agro-industriel prévoient de construire 93 méga-bassinesdans l’ancienne région Poitou-Charentes, dont 16 dans le seul Marais poitevin déjà rudement touché par la sécheresse et la diminution des précipitations.

Sur 4 à 18 hectares et d’une profondeur de 15 mètres, ces immenses réserves d’eau artificialisent les sols en perturbant le cycle et la qualité de l’eau, menacent la biodiversité, et cela au profit d’une poignée d’acteurs privés dans le mépris de directives européennes et plusieurs jugements de justice.

Début du rassemblement – Crédit : Soulèvements de la Terre

Ainsi, la « bassine de la honte » sur laquelle ont pénétré les manifestants a déjà fait l’objet de cinq condamnations par la justice. Pour éviter l’important dispositif policier déployé, les 3000 participants ont joué au chat et à la souris avec les policiers avant de parvenir à s’introduire sur le site de cette méga-bassine illégale de 5 hectares (180 000 m3).

« Les opposants aux méga-bassines ont ainsi dû couper à travers champs, échapper aux gaz lacrymogènes et aux coups de matraque, traverser à pied un cours d’eau et passer plusieurs barrages de police. » relate le collectif des Soulèvements de la Terre, photos à l’appui

Les manifestants fuient les gaz lacrymo – Crédit : Soulèvements de la Terre

Le long de leur trajet, ils sont notamment passé devant deux bras taris du fleuve Mignon, triste symbole de l’assèchement déjà en cours en France, et rebaptisé la commune « Mauzé-sur-Bassines » à l’aide d’une grande banderole déployée sur l’hôtel de ville.

Crédit : Soulèvements de la Terre
Lire aussi : En France, la crise climatique est déjà un assèchement climatique

« La seule chance pour eux de s’en sortir est de suspendre immédiatement les travaux sans quoi nous reviendront ! Il n’y a que le Ministre de l’Agriculture qui croit que les bassines se remplissent avec l’eau de pluie, or elles se remplissent avec une pompe. Aujourd’hui, un groupe de camarades citoyens paysans a démonté la pompe qui permettait à cette bassine de se remplir et a rendu l’eau à la nappe. » a déclaré Basile, éleveur à Notre-Dame-des-Landes et militant pour les Soulèvements de la terre, sous les vivats et les bravos de la foule

La pompe qui alimente la bassine et puise directement dans la nappe phréatique a effectivement été démontée par des paysan.ne.s qui l’ont emporté. Une fois la foule montée sur le talus de la bassine, la bâche a été enlevée pour mettre la bassine hors service et des arbres ont symboliquement été plantés sur les bords du bassin. La bassine a ainsi été vidée et l’eau rendue à la nappe !

« Pendant que plusieurs syndicats agricoles se regroupent autour d’un cratère vide et sec, autour d’une agriculture morte qui détruit nos territoires et nos paysans, nous on a fait un cheminement joyeux, festif et coloré pour poser des actes forts ! Et on continuera à en poser ! Nous allons garder la pompe qui a été démontée, et s’il faut l’emmener pour la montrer à Julien Denormandie, Emmanuel Macron ou Barbara Pompili, on le fera pour les mettre devant leurs responsabilités ! » a réaffirmé Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération Paysanne

Cette mobilisation a eu lieu alors que des militants engagés dans les collectifs en lutte contre les bassines ont été interpellés chez eux et conduits en garde-à-vue. Une démonstration de force qui n’a pas découragé le moral des troupes, au contraire étant donné le plus grand nombre de personnes présentes ce samedi 6 novembre qui restera dans les annales.

Lire aussi : Des militants anti-bassines ont été arrêtés chez eux, puis relâchés : « une tentative d’intimidation indigne »

Cet acte très fort a renforcé la détermination des anti-bassines à se battre pour exiger un partage juste de la ressource en eau. « A Mauzé comme ailleurs, nous continuerons à faire valoir que l’eau est un commun et que les sols ne doivent plus être empoisonnés. » concluent-ils d’un ton assuré

Crédit : Nantes Révoltée
8 novembre 2021 - Laurie Debove
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