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France : 12 % de la population vit dans des déserts médicaux et 6 millions de Français sont sans médecin traitant

Les chiffres publiés ce mercredi 13 mai par les agences régionales de santé (ARS) sont sans appel : la part de la population résidant dans une zone sous-dotée en médecins généralistes a bondi de 12 % en trois ans. Aujourd'hui, plus de six millions de Français vivent sans médecin traitant déclaré, une situation qui fragilise particulièrement les 600 000 patients souffrant d'affections de longue durée (ALD).

Le bitume des routes départementales a pris un air de forum politique ce mercredi. De Guéret à Redon, des milliers de citoyens, d’élus locaux et de collectifs d’usagers se sont rassemblés pour dénoncer l'asphyxie sanitaire de leurs territoires. Cette journée de mobilisation nationale, organisée par la Coordination nationale de défense des hôpitaux et maternités de proximité, intervient alors que les derniers indicateurs de l’offre de soins confirment une fracture territoriale devenue structurelle.

Une carence systémique

Les chiffres publiés ce mercredi 13 mai par les agences régionales de santé (ARS) sont sans appel : la part de la population résidant dans une zone sous-dotée en médecins généralistes a bondi de 12 % en trois ans. Aujourd’hui, plus de six millions de Français vivent sans médecin traitant déclaré, une situation qui fragilise particulièrement les 600 000 patients souffrant d’affections de longue durée (ALD).

Ce recul n’est plus seulement rural ; il frappe désormais les couronnes urbaines et les villes moyennes, où le non-remplacement des départs à la retraite crée des vides sanitaires immédiats. L’échec des politiques d’incitation financière, basées sur le volontariat et les exonérations fiscales, est désormais documenté : ces dispositifs n’ont pas permis de rééquilibrer la démographie médicale, les zones déjà denses continuant d’attirer la majorité des nouveaux installés.

L’hôpital public : la variable d’ajustement

En amont de la médecine de ville, l’hôpital public subit un effet de ciseau dévastateur. Faute de soignants et de lits ouverts, les fermetures partielles de services d’urgences sont devenues la norme. Ce mercredi, les manifestants ont rappelé que dans certains départements comme la Mayenne ou le Loiret, l’accès aux soins critiques dépend désormais de « lignes de garde » intermittentes, obligeant les patients à des transferts de plus de soixante minutes. Une perte de chance directe qui contrevient au principe constitutionnel d’égalité devant la santé.

La réponse citoyenne 

Face à ce bilan, les mobilisations ne se contentent plus de déplorer ; elles exigent un changement de paradigme. La revendication d’une régulation forte de l’installation – calquée sur le modèle des pharmaciens ou des infirmiers libéraux – gagne du terrain dans le débat public. Arracher le soin à la seule logique de confort individuel pour le soumettre à un impératif d’intérêt général est devenu impératif.

Un horizon émerge de ces luttes. Partout sur le territoire, des initiatives populaires enfoncent des portes. Ici, une municipalité rachète un bâtiment pour créer un centre de santé public où les médecins sont salariés, loin de la gestion comptable des cliniques privées. Là, des coopératives de citoyens s’organisent pour attirer des praticiens attachés au service public. Ces îlots de résistance prouvent que la désertification n’est pas une fatalité, mais un choix politique que la mobilisation collective est en passe de remettre en cause. En reprenant possession de la question du soin, les citoyens dessinent les contours d’un système de santé solidaire, enfin libéré des tableaux froids des administrations.

Léonore Suied

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