En plus d'aggraver les vagues de chaleur et les sécheresses, des recherches montrent que le dérèglement climatique a d'autres conséquences sur notre santé. La saison des allergies commence plus tôt, dure plus longtemps et s'intensifie d'année en année.
Sur tous les impacts potentiels du dérèglement climatique sur notre santé, l’un d’eux monte en puissance avec l’arrivée du printemps : la saison des allergies. Les bourgeons arrivent plus tôt que d’habitude, et avec les fleurs explosent d’un coup… L’adage « il n’y a plus de saisons » prend tout son sens, et les personnes exposées ressentent dans leur chair ce que les agriculteurs subissent sur le terrain.
Une étude de TheLancet révèle que le dérèglement climatique a prolongé la saison des pollens d’une à deux semaines en France, et en Europe continentale, depuis les années 1990. En cause : le réchauffement climatique et l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère due à la combustion des énergies fossiles.
« C’est l’un de ces indicateurs quotidiens qui montrent que la situation se dégrade pour beaucoup de gens », a déclaré Joacim Rocklöv, épidémiologiste environnemental à l’université de Heidelberg et codirecteur du rapport pour TheGuardian. « Les souffrances engendrées par ces changements peuvent être considérables. »
Les allergies saisonnières, aussi appelées rhinite allergique ou rhume des foins, surviennent lorsque le système immunitaire identifie par erreur le pollen comme une substance nocive. Cela touche désormais 25 % de la population en France. Le rhume des foins peut déclencher une variété de symptômes allant de la simple gêne nasale à des complications plus sérieuses, comme des crises d’asthme ou le gonflement des voies respiratoires, rendant difficile l’inspiration.
Depuis la dernière version du rapport en 2024, les chercheurs ont constaté que la gravité saisonnière des dégâts causés par le bouleau et l’aulne a augmenté de 15 à 20 % dans le sud du Royaume-Uni, le nord de la France et l’Allemagne, ainsi qu’en Europe de l’Est.
La liste des espèces végétales, qui dispersent leur pollen par le vent, dont le risque allergique peut être considéré comme très élevé, est la suivante :
- les graminées ;
- le bouleau et la pariétaire principalement dans la partie nord de la France ;
- le cyprès, le thuya, le genévrier et d’autres espèces de la même famille, ainsi que l’olivier, principalement dans la partie sud de la France ;
- l’aulne, le charme commun ; le frêne, le murier à papier, le noisetier ;
- l’ambroisie et l’armoise dans les secteurs infestés par ces plantes envahissantes.
Les espèces pour lesquels le risque allergique peut être considéré comme élevé en France sont les suivantes :
- le platane (de façon localisée, le nombre d’arbres a fortement diminué ces dernières années) ;
- le chénopode, l’amarante et d’autres espèces de la famille des Amaranthaceae (en augmentation) ;
- le plantain.
En effet, des recherches distinctes ont mis en lumière le danger que représentent les espèces invasives comme l’ambroisie. Son pollen devrait devenir un problème de santé publique courant en Europe, à mesure qu’elle se propage dans des régions où elle est actuellement rare.
Les populations les plus précaires sont les plus exposées. Des précautions spécifiques peuvent être prises pour réduire le risque d’exposition aux pollens, notamment :
- Éviter les sorties en période de pic de pollen : Il est conseillé d’éviter les sorties à l’extérieur, en particulier lors des journées venteuses ou durant les pics saisonniers.
- Utiliser des filtres à pollen : Installer des filtres à pollen dans les systèmes de ventilation des maisons et des voitures peut aider à réduire l’exposition.
- Se laver les cheveux et changer de vêtements : Après avoir été à l’extérieur, le bain et le changement de vêtements peuvent éliminer les particules de pollen et minimiser leur propagation à l’intérieur.
- Améliorer les mesures politiques de protection de la qualité de l’air, et légiférer pour réduire les énergies fossiles.
« Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg : les mêmes forces à l’origine de ce changement intensifient le réchauffement climatique, propagent les maladies infectieuses et compromettent la sécurité alimentaire, avec de profondes conséquences pour notre santé », prévient le chercheur José Chen auprès de Politico.
Une étude de 2022 estimait que d’ici la fin du siècle, la saison des pollens commencerait jusqu’à 40 jours plus tôt et durerait 19 jours de plus qu’actuellement. Cela représente potentiellement deux mois de souffrance supplémentaires pour les personnes allergiques.
Sans une réduction immédiate des émissions et de la pollution environnementale, les allergies risquent fort de s’aggraver.
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