« Le colibri ne suffit pas, c’est à grande échelle que les choses doivent changer »

« Bienvenue dans Présages, le podcast qui questionne l’état de notre monde, les risques d’effondrement de notre civilisation industrielle, et les façons de se préparer à vivre différemment. » Avec ces mots, Alexia Soyeux débute chaque épisode de son Podcast « Présages ». Présages sur l’effondrement Le podcast est ce média de plus en plus populaire sur Internet, le […]
15 mai 2018 - Laurie Debove
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« Bienvenue dans Présages, le podcast qui questionne l’état de notre monde, les risques d’effondrement de notre civilisation industrielle, et les façons de se préparer à vivre différemment. » Avec ces mots, Alexia Soyeux débute chaque épisode de son Podcast « Présages ».

Présages sur l’effondrement

Le podcast est ce média de plus en plus populaire sur Internet, le plus souvent audio, que l’on peut télécharger et écouter à sa guise sur ordinateur ou téléphone. Comme de nombreux podcasts, celui d’Alexia Soyeux est un média indépendant proposé gratuitement à l’écoute, il ne s’agit ni d’une émission de radio, ni d’un contenu sponsorisé.

A force de lectures et conférences, Alexia Soyeux a fait le lien entre tous les problèmes sociétaux (croissance, climat, inégalités, migrations) avec un concept : l’effondrement. La lecture du livre « Comment tout peut s’effondrer » de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, et la web série NEXT du réalisateur Clément Monfort l’ont particulièrement marquée. Le livre et la web série traitent d’une nouvelle discipline : la collapsologie, une recherche interdisciplinaire sur les ressorts d’un possible effondrement de notre civilisation industrielle.

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Forte de toutes ces connaissances et ces questionnements, elle a eu envie de recueillir un témoignage plus personnel de ceux qui travaillent sur le sujet avec une question : comment arrivent-ils à garder le cap et à rester joyeux ? « Les présages peuvent être bons ou mauvais, sur ce qui peut se passer et ce qui risque de se passer. Sur ces sujets, personne ne peut prédire de façon exacte ce qui va arriver, mais c’était important pour moi de répertorier les ressentis et l’intuition des personnes sensibilisées à ces enjeux. » Alexia Soyeux

Une histoire collective sans langue de bois

Les intervenants qu’Alexia Soyeux interroge pour le podcast sont des personnes dont le travail l’a beaucoup inspirée, et dont elle respecte la parole ferme et mesurée à la fois. Parmi eux, tous ne vont pas parler tel quel du terme d’effondrement à cause de l’image négative que ce mot entraîne, mais tous sont unanimes sur le fait qu’un changement majeur de nos civilisations s’est enclenché, « comme le changement climatique qui est lent à l’échelle de temporalité humaine, mais rapide pour celle de la planète » précise Alexia.

Ayant des métiers et des domaines d’expertise différents, les intervenants ont des témoignages particulièrement complémentaires. Alexia Soyeux ne veut « pas être optimiste, ni défaitiste. Le but du podcast est d’affronter frontalement les sujets sans langue de bois, sans tourner autour du pot. Et à partir de là, voir ce qu’on peut faire. » Présages participe ainsi à ce récit collectif qu’on se raconte en cas d’effondrement. L’invitée Isabelle Delannoy fait notamment la distinction entre « l’idée romantique du survivalisme, l’homme qui sait vivre seul dans les bois » et la nécessaire résilience collective à mettre en place, étant donné que nos sociétés ne connaissent pas encore les conditions climatiques précises auxquelles elles devront s’adapter. Loin d’un scénario catastrophique à la Mad Max, il s’agit donc de se préparer à vivre ensemble, différemment, et de créer des écosystèmes résilients, capables de résister aux chocs et d’évoluer.

Alexia Soyeux demande souvent à ses invités comment ils préparent « l’après » : Isabelle Delannoy voudrait créer un village symbiotique, Jean-Marc Jancovici voudrait réduire sa dépendance énergétique, Gaël Giraud vit dans une communauté jésuite, Jean-Marc Gancille essaie d’être le plus cohérent possible entre ses actes et ses paroles en étant déjà depuis très longtemps dans une perspective de décroissance. C’est justement l’un des termes abordés dans l’entretien avec Agnès Sinaï. Cette dernière définit la décroissance comme « une utopie : comment vivre de manière égalitaire dans un monde aux ressources raréfiées, avec plus de convivialité et moins d’hédonisme individuel. » Pour ses prochains invités, Alexia Soyeux veut donner la parole à d’autres chercheurs, mais aussi à des artistes, des écrivains, et des gens de la société civile.

Alexia Soyeux en est persuadée : « Le colibri ne suffit pas, c’est à grande échelle que les choses doivent changer. Il faut profiter du temps qu’il nous reste pour accepter et comprendre les enjeux auxquels nous faisons face, et changer tout ce qui peut l’être. »

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15 mai 2018 - Laurie Debove
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