À des milliers de kilomètres du Moyen-Orient, les baleines d’Afrique du Sud subissent les conséquences indirectes des conflits. Le détournement du trafic maritime hors de la mer Rouge augmente le risque de collision entre les grands cétacés et les navires marchands.
Le détournement du trafic maritime vers l’Afrique du Sud
Depuis fin 2023, les tensions liées au conflit au Moyen-Orient ont fortement perturbé le trafic maritime en mer Rouge. Pour éviter le canal de Suez, de nombreuses compagnies choisissent de contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance.
Cette réorganisation des routes commerciales mondiales a entraîné une forte augmentation du flux maritime au large de l’Afrique du Sud. Selon les données de PortWatch, un outil de suivi du trafic maritime développé par le Fonds monétaire international (FMI), 89 navires commerciaux ont emprunté quotidiennement cette route entre le 1er mars et le 24 avril 2026, contre 44 sur la même période en 2023.
Or, les côtes sud-africaines constituent une zone importante pour plusieurs espèces de baleines. Parmi elles : les baleines franches australes, les baleines à bosse et les rorquals, qui y migrent, s’y nourrissent ou s’y reproduisent.
Face à l’augmentation du trafic maritime dans ces eaux, des chercheurs de l’Université de Pretoria ont évalué les risques pour les baleines. Leurs conclusions ont été présentées en mai devant la Commission baleinière internationale.
Un risque accru de collisions avec les cétacés
Pour mesurer les effets du détournement du trafic maritime, les chercheurs ont analysé le chevauchement entre les nouvelles routes empruntées par les navires et les zones fréquentées par plusieurs espèces de baleines au large de l’Afrique du Sud.
Le rapport dirigé par la chercheuse Els Vermeulen conclut à une forte hausse du risque de collision entre baleines et navires. Des marins ont par ailleurs signalé la présence de cétacés au plus près des navires, des scènes parfois relayées sur les réseaux sociaux.
Les collisions avec les navires figurent parmi les principales causes de mortalité liées aux activités humaines chez les grands cétacés. Pourtant, le phénomène reste difficile à quantifier, car de nombreux incidents passent inaperçus ou ne sont jamais signalés.
Des marges d’action pour limiter les impacts
Les chercheurs évoquent la possibilité d’ajuster les routes maritimes dans les zones les plus fréquentées par les baleines afin de réduire le risque de collision, sans modifier fortement l’organisation du trafic commercial.
La protection des océans ne peut être dissociée des dynamiques économiques et politiques mondiales. Ils appellent à mieux prendre en compte la hausse du trafic maritime, afin de réduire les risques de collision pour les baleines.
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