Selon une étude d'UFC-Que Choisir, les grandes enseignes de distribution appliqueraient des marges particulièrement élevées sur les fruits et légumes biologiques. Une pratique qui renchérit le prix du bio pour les consommateurs, sans bénéficier directement aux producteurs.
Le bio est-il réellement plus coûteux à produire ou simplement plus cher à l’achat ? Dans une étude, UFC-Que Choisir dénonce la politique tarifaire de la grande distribution sur les fruits et légumes issus de l’agriculture biologique.
Selon l’association, les enseignes appliqueraient en moyenne une marge de 81 % sur ces produits, bien supérieure à celle observée sur certains produits alimentaires conventionnels.
Cette situation s’expliquerait par un mécanisme appelé « péréquation des marges ». Cette pratique consiste à compenser les faibles marges réalisées sur certains produits en augmentant celles d’autres références. D’après UFC-Que Choisir, les fruits et légumes bio serviraient ainsi à financer des produits vendus avec des marges plus faibles : les aliments ultras transformés.
L’association a analysé plusieurs produits biologiques et relève des écarts importants. Une tomate bio, par exemple, ferait l’objet d’une marge de distribution de 113 %. UFC-Que Choisir souligne que cette hausse des prix ne profite pas directement aux agriculteurs, mais principalement aux distributeurs.
Pour un ménage français moyen (2,3 personnes), Que Choisir Ensemble a calculé que le budget annuel d’une consommation de fruits et légumes conventionnels s’élève à 460 € dont 207 € est constitué par la marge de la distribution ce qui déjà renchérit fortement l’accès à une alimentation équilibrée. Mais en Bio le budget annuel s’élève à 732 €, soit 60 % de plus qu’un panier équivalent en conventionnel (460 €).
Sur ce surcoût de 272 €, les agriculteurs bio ne récupèrent que 103 €, soit seulement 38 % alors que la grande distribution accapare 155 €, soit 57 % du surcoût total sous forme de surmarge, sans aucune justification probante à ce jour.
Pour l’association de consommateurs, cette politique constitue un frein au développement de l’agriculture biologique. En renchérissant artificiellement le prix des produits bio, elle limite leur accessibilité pour les ménages et ralentit la transition vers une alimentation plus durable.
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