Elle est le fondement de toute forme de Vie sur Terre. Après 10 ans d’existence, La Relève et La Peste revient aux sources de notre Terre, avec un livre-journal dédié à un élément vital : l’EAU.
Elle nous abreuve et charrie les nutriments indispensables à la Vie, elle sculpte les montagnes, creuse les plaines et change de forme à l’infini. Cristallisée dans les glaciers, enfouie dans les nappes phréatiques ou sinuant sur la surface, l’eau douce représente à peine 3 % du total de l’eau sur terre et moins d’1% nous est directement accessible.
« Les fleuves sont à la terre ce que les veines sont à nos corps, et les zones humides sont les placentas du monde », affirme la docteure en hydrologie Judith Eeckman.
Les civilisations humaines se sont bâties autour des fleuves et des rivières, le long des littoraux. Nous avons utilisé l’eau pour nous épanouir, mais avons tellement déstabilisé le cycle hydrologique que nous en ressentons déjà les effets.
Sous l’effet du dérèglement climatique, sécheresses et inondations s’enchaînent avec des violences opposées, mais tout aussi extrême l’une que l’autre. Les scientifiques nous alertent depuis les années 1990, et nous ne les avons pas écoutés.
Et pour cause, « quand on regarde la surface de l’eau, on ne voit plus que son propre reflet, sans se soucier de la vie qui se cache en dessous », rappelle le biophysicien et naturaliste Bill François dans notre livre-journal EAU.
Notre livre-journal EAU rappelle à quel point chaque goutte d’eau est porteuse de vie, contenant des algues unicellulaires responsables de la couleur de l’eau. En vallée de la Dordogne, les vieux racontent qu’ils n’allaient pas pêcher mais « ramasser le poisson », tellement ils étaient nombreux. Aujourd’hui, les rivières françaises meurent petit à petit. Après nous avoir tant donné – eau, énergie et vivres –, les rivières ont besoin de nous.
C’est un changement de position que nous vous présentons dans cet opus particulier : passer d’une culture d’exploitation à une culture de régénération. Pour mieux apprendre à connaître les rivières, et comment les régénérer, nous avons appris à bâtir des ouvrages castors avec les techniciens de l’eau de l’Aude, quelques mois avant les terribles incendies.
Car une rivière c’est de l’eau qui s’étale, pas seulement de l’eau qui coule. Cette aventure humaine joyeuse rappelle à quel point prendre soin des communs peut rapprocher des villages, malgré les différences.
C’est d’ailleurs l’une des leçons de sagesse reçue depuis le Svalbard, où la glaciologue Heïdi Sevestre nous raconte comment « sauver les glaciers, c’est nous sauver nous-mêmes » et pourquoi ils sont les châteaux d’eau du monde. Avec leur fonte, 700 millions de personnes qui en dépendent deviennent vulnérables.
Avec la raréfaction de l’eau douce disponible, des conflits d’usage apparaissent. Alors que la marchandisation des rapports humains s’étend, la nécessité de faire de l’eau un bien commun global est de plus en plus urgente. « Car les nuages ne connaissent pas les frontières », décrypte le professeur Simon Porcher.
C’est pour s’assurer qu’elle reste un commun potable que se bat Bernard Schmitt, ancien médecin hospitalier, depuis dix ans contre l’accaparement de l’eau par Nestlé, à Vittel. Quant à Générations Futures, cette association de santé publique inspecte les taux de pesticides et PFAS présents dans l’eau du robinet pour s’assurer de sa potabilité, et plaide pour l’interdiction des pesticides.
Certaines communautés n’ont jamais perdu leur lien à l’eau, ainsi que nous le raconte Yanka Trayenko Gnen Lif Paillalef. Cette femme mapuche, dont le nom veut dire « Esprit transparent de la cascade », se bat depuis toujours pour protéger ses terres ancestrales face à l’industrie du papier et l’agroindustrie. Nous lui avons directement donné la plume pour qu’elle nous raconte l’histoire de son peuple.
« La première étape pour prendre soin de notre Mère-Terre est de la connaître, de l’écouter, de parcourir ses sentiers et ses rivières. Notre amour pour notre territoire est un acte de résistance », explique-t-elle.
Le défi paraît parfois immense mais il est toujours temps de la protéger. L’eau est présente sur Terre depuis si longtemps, que son cycle hydrologique ne se conçoit pas à l’échelle d’une vie humaine, mais pour les sept prochaines générations à venir. Découvrir tous ses secrets ici.
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