Dans les Yvelines, un collectif d'associations a déposé plainte contre l’Office National des Forêts (ONF) devant le Tribunal de grande instance de Versailles en janvier 2024 pour pollution plastique des sols. Elle s’oppose à l’utilisation massive de manchons en plastique, utilisés pour protéger les plants d’arbres de l'appétit des cerfs, chevreuils et sangliers.
La pollution des manchons plastique
Cette pollution, avait notamment été mise en avant par une étude britannique parue dans Science of The Total Environment en 2021, qui préconisait d’éviter leur utilisation.
Malgré une opération de ramassage organisée en 2025, le collectif JADE (Jonction des Associations de Défense de l’Environnement) constate que des centaines de manchons demeurent encore dans les sous-bois. Il demande un changement structurel de pratiques.
« Le plastique se désagrège, se craquèle, s’effrite, tombe par terre, se mélange avec les feuilles, avec le sol, se décompose en microparticules et finit dans les nappes phréatiques », explique Jean (prénom modifié), membre de l’association JADE, à La Relève et La Peste.
« On a des écrits de l’ONF qui reconnaissent la nécessité de ramasser les manchons plastiques car ils polluent », poursuit-il. « Mais ils n’ont pas précisé les délais, ni les moyens ».
L’intensification de la sylviculture
Pour cet habitant des Yvelines, la problématique autour des manchons en plastique révèle les coupes excessives et la pression pesant sur les agents de l’ONF.
« On n’est pas contre l’ONF », précise Jean. « On regrette leur manque de financement. Ils n’arriveront pas à ramasser ces manchons, car les agents de l’ONF n’en ont plus les moyens, ils n’arrivent plus à remplir leur mission ».
En cause : des missions supplémentaires ainsi qu’un manque chronique de moyens et de personnel, que dénonce depuis des années le Snupfen-Solidaires, principal syndicat de l’ONF. L’organisme public devant se financer via la vente de bois, est poussé à toujours plus de coupes, parfois suivies de replantations : « quand vous faites des coupes trop sévères, la régénération naturelle ne suffit pas », explique Jean.
Pourtant, certaines pratiques sylvicoles privilégient la reproduction naturelle des arbres, via la pousse spontanée des graines issues des arbres, ce qui limite ou évite complètement les plantations. Il existe aussi des manchons protecteurs qui ne se dégradent pas en microplastiques : en métal récupérable, ou même en bois.
« Je connais des forestiers qui font autrement », confirme Jean. « Mais l’ONF n’a ni le personnel ni le temps : c’est mission impossible. Aujourd’hui, je ne vois pas d’autres solutions que couper moins, planter moins, polluer moins ».
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