En 2018, Tahlequah avait ému le monde entier en portant la dépouille de son bébé décédé pendant 17 jours sur plus de 1 600 kilomètres. Alors que la population dont elle fait partie est gravement menacée, une lueur d’espoir s’est mise à briller. Le 19 octobre 2026, un nouveau bébé a été vu avec l’orque, en bonne santé.
Le Center for Whale Research (CWR) « a le plaisir d’annoncer la naissance d’un nouveau baleineau au sein de la population d’orques résidentes du sud ». Le 19 octobre 2026, les chercheurs du CWR ont observé un bébé (ou veau) aux côtés de l’orque J35, âgé de moins d’une semaine.
Le lendemain, les chercheurs du CWR ont de nouveau croisé le baleineau, toujours en compagnie de J35, aussi appelée Tahlequah. L’équipe a confirmé par drone qu’il s’agit d’un mâle.
« L’équipe n’a décelé aucun signe de problème de santé chez ce nouveau-né ; il se déplace avec aisance, interagit avec ses congénères et tète J35 », ont détaillé les chercheurs.
La nouvelle a réjoui toutes les personnes qui suivent de près les orques résidentes du Sud, qui vivent dans le Nord-Ouest Pacifique (mer des Salish, entre l’État de Washington aux États-Unis et la Colombie-Britannique au Canada). Après avoir échappé de justesse à la rafle de l’industrie de la captivité il y a 50 ans, elles sont menacées d’extinction, notamment en raison de la raréfaction des saumons, leur nourriture principale.
En 2019, nous vous racontions le combat des premières nations et des scientifiques pour briser quatre barrages qui causent la plus immédiate des menaces. A l’époque, il y avait 73 orques résidentes du Sud. Aujourd’hui, elles sont 76. Un signe d’espoir.
« C’est vraiment une excellente nouvelle », a déclaré Linsay Kolb de Cetus, un groupe de recherche et de conservation des baleines basé sur l’île de Vancouver. « Toute nouvelle d’un nouveau veau est toujours passionnante et apporte beaucoup d’espoir à la population. »
Une année plus tôt, Tahlequah avait provoqué l’émoi dans le monde entier en charriant sur plus de 1600 kilomètres la dépouille de son bébé décédé pendant 17 jours. Elle a ensuite donné naissance à un autre fils, J57 (ou Phoenix), en 2020, puis à une fille, J61, en 2024, qui n’a malheureusement pas survécu et pour qui elle avait aussi porté le deuil.
« Les premiers temps de vie sont particulièrement difficiles pour ces orques : seule la moitié d’entre elles parvient à franchir le cap de la première année », rappellent les chercheurs.
Ce taux de mortalité critique est dû à plusieurs facteurs : la malnutrition causée par la disparition des saumons, la présence de toxines dans les océans qui contaminent toute la chaîne alimentaire et les nuisances sonores causées par les cargos.
Pour éviter que les orques résidentes du Sud ne disparaissent à tout jamais, il faut agir sur trois niveaux : arrêter la surpêche, protéger leurs habitats, et restaurer les populations de saumons sauvages pour que les orques puissent se nourrir.
Heureusement, certains survivent comme le premier bébé de Tahleqah, J47 (dit Notch), aujourd’hui adolescent. J35 est son sixième baleineau connu des scientifiques, qui continueront à le surveiller autant que possible.
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