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Récup’ et sobriété : les low-tech font leur festival

« On rencontre plein de gens qui connaissent pas du tout la low-tech, qui découvrent et qui sont émerveillés. Et aussi des personnes plus âgées qui disent : mais ça on le faisait dans le temps, vous pensez révolutionner les choses ? On répond qu’au contraire, on est là pour mettre en lumière ces techniques d’antan qui devraient être utilisées aujourd’hui. C’est la rencontre de plusieurs mondes ».
8 juillet 2022 - Marine Wolf
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- Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
- Format : 300 pages
- Impression : France

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En ce début d’été, deux journalistes de La Relève & la Peste se sont embarqués dans un tour de Bretagne à vélo. L’objectif de cette itinérance : partir à la découverte d’initiatives autour des low-tech. Les low-tech ? Ce sont – pour reprendre la définition du Low-tech Lab, qui fait référence en la matière – des technologies à la fois utiles, accessibles et durables, donc particulièrement adaptées aux enjeux actuels. C’est aussi une véritable philosophie de vie, puisqu’en réfléchissant sur l’impact environnemental des outils du quotidien, il s’agit de repenser sa manière de vivre d’un point de vue global. C’est enfin un concept émergeant, qui prend de plus en plus d’ampleur, et suscite déjà un vif enthousiasme et de nombreux débats. Une aventure de Marine Wolf & Elouan Ameline.

Première étape : Le Low-Tech Festival

Sur le port de Concarneau, un village éphémère s’est installé pour 10 jours. Le Low-Tech Festival rassemble une multitude d’acteurs de ce secteur, afin de faire découvrir au public les initiatives qui ont émergé autour du sujet. Celui-ci est organisé par le Low-tech Lab, créé en 2014 dans le but de faire connaître les low-tech et de permettre au plus grand nombre de se les approprier.

En lien direct avec cette association, l’expédition du Nomade des Mers, un voyage en catamaran imaginé par Corentin de Chatelperron pour documenter et expérimenter des low-tech tout autour du globe.

En ce mois de juin, l’équipage du Nomade des Mers rentre au port après 6 ans de tour du monde. Dans le même temps, un bon nombre de projets du Low-Tech Lab arrivent à leur terme et un autre cycle s’ouvre avec de nouveaux projets plus ancrés dans le territoire. L’occasion de témoigner sur leurs expérimentations mais également de mettre en lumière d’autres projets en rassemblant des acteurs du territoire français.

« Notre objectif c’est vraiment de rassembler autour de la low-tech, car on pense que c’est tous ensemble que l’on peut faire mieux », note Quentin Mateus, porteur du projet d’exploration “Les Enquêtes du Low-tech Lab” et engagé sur le festival.

Crédit : Marine Wolf & Elouan Ameline

« Quel que soit notre stade de transition ou d’intéressement à la low-tech, on trouve quelque chose qui nous correspond sur le festival. L’expo sur le voyage du Nomade des Mers, c’est léger mais ça permet de découvrir le sujet.  Après, il y a des acteurs beaucoup plus concrets, des formations pour installer chez soi des systèmes d’autonomie énergétique par exemple. Il y a des artisans qui donnent à voir des métiers différents. Il y a un habitat low-tech, la tiny house, qui permet de s’imaginer chez soi. Et une voiture à pédales qui fait des tours du festival, que les enfants aiment beaucoup… ».

Lire aussi : Deux ingénieurs français créent une « tiny house » autonome et 100 % low-tech

Une diversité d’initiatives

Le festival est une véritable fourmilière. Sous chaque chapiteau, les différentes organisations présentent leurs réalisations. L’association Inti partage comment elle améliore la santé et l’indépendance de communautés en Afrique et en Amérique du Sud grâce à la diffusion du four solaire.

NéoLoco montre comment il est possible de changer nos habitudes pour une consommation plus locale, plus sobre en énergie et avec moins d’emballages en cuisinant avec les visiteurs. De son côté, l’association les Vagabond.es de l’énergie raconte un autre imaginaire autour de voyages moins énergivores.

Sur un poêle-dragon – un réchaud en matériaux de récupération permettant une combustion très efficace – des bénévoles préparent le repas du soir. Un peu plus loin, une table-ronde permet de s’interroger sur la place de la low-tech dans l’enseignement supérieur et la recherche. Assis sur un siège de vélo, un jeune garçon pédale pour faire fonctionner un robot mixeur. À l’intérieur du récipient, des noisettes qui garniront les cookies cuits au four solaire.

Crédit : Marine Wolf & Elouan Ameline

Une énergie contagieuse

Nous remarquons dans un coin des bénévoles occupés à fabriquer des objets en bois et à imprimer des T-shirts à la main.

« Cet espace n’était pas du tout prévu au départ. Ce sont des bénévoles qui ont créé d’eux-mêmes cet atelier. Il faut croire qu’ils ne peuvent pas s’empêcher de bricoler », nous apprend Emma dans un sourire.

Crédit : Marine Wolf & Elouan Ameline

Celle-ci est stagiaire au Low-tech Lab et se fait interpeller par un jeune homme au moment où elle commence à nous parler de l’évènement.

« J’ai croisé des bénévoles du festival hier soir », lui déclare-t-il avec enthousiasme. « Ils m’ont dit que vous avez besoin de volontaires. Ça fait des jours que je viens, j’adore le festival, j’ai envie de vous rejoindre ».

Après avoir orienté la nouvelle recrue vers sa mission, Emma nous décrit la belle énergie qui s’est créée autour de cet évènement.

« Des bénévoles sont rapidement venus nous aider. Certains disent déjà qu’ils sont partants pour monter des festivals ailleurs. Ça donne des idées, et c’est ça qu’on aime au Low-tech Lab, que les gens s’emparent du sujet ».

Crédit : Marine Wolf & Elouan Ameline

Une volonté de sobriété

La jeune femme, étudiante en ingénierie et conception mécanique, nous raconte ensuite comment les bénévoles se sont employés à ce que le festival soit low-tech en lui-même.

« Il y a eu un calcul des besoins énergétiques du festival, avec la volonté d’être sobre. On a récupéré des panneaux solaires dont seulement la vitre était cassée, qu’on a ré-étanchéifiés ».

La régie fonctionne ainsi en autonomie grâce à l’énergie solaire. Une remorque a également été conçue par le Low tech Lab et mise à disposition des participants. Tirée par un vélo, elle a la spécificité d’être auto-tractée et auto-freinante. Elle comprend un moteur placé dans la roue avant et un bras de traction qui la relie au vélo. Dans les montées, lorsque ce bras de traction est tiré, le moteur s’actionne. Dans les descentes, lorsque ce bras est poussé, le frein s’active.

« Elle peut aussi bien transporter du matériel, collecter des déchets plastiques ou partager du mobilier de récupération », nous explique Quentin Mateus.

Crédit : Marine Wolf & Elouan Ameline

La rencontre de plusieurs mondes

Le jour tombe. Nous nous rendons à la projection d’un documentaire qui fait écho à la conférence de l’après-midi. Il s’agit du film Ruptures, réalisé par Arthur Gosset, qui se pose comme le porte-parole d’un mouvement de fond impactant les grandes écoles. Celui-ci suit de jeunes diplômés en quête de sens, qui s’efforcent de construire des projets professionnels en accord avec leur convictions écologiques et aux antipodes des parcours qui leur sont destinés.

« Notre diplôme vaut de l’or en tant qu’étudiants de grandes écoles car à n’importe quel moment on peut trouver un job stable », remarque Arthur Gosset lors d’un échange après la projection. « C’est pour ça que c’est notre responsabilité d’expérimenter d’autres voies, d’autres métiers.  Parce qu’on a ce filet de sécurité ».

Lire aussi : Ces jeunes diplômés d’AgroParisTech appellent à déserter pour ne pas servir l’agroindustrie

Le lendemain, sous un soleil radieux, le village est encore plus actif que la veille.

« On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait tant de monde », admet Emma. « On rencontre plein de gens qui connaissent pas du tout la low-tech, qui découvrent et qui sont émerveillés. Et aussi des personnes plus âgées qui disent : mais ça on le faisait dans le temps, vous pensez révolutionner les choses ? On répond qu’au contraire, on est là pour mettre en lumière ces techniques d’antan qui devraient être utilisées aujourd’hui. C’est la rencontre de plusieurs mondes ».

Notre séjour sur le festival se conclut par une visite du Nomade des Mers en compagnie d’un guide de choix : Corentin de Chatelperron, tout juste rentré de son tour du monde. Un moment si riche qu’il nous faudra prendre le temps de le raconter… Suite au prochain épisode. 

8 juillet 2022 - Marine Wolf
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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Forêts Notre nouveau livre «Forêts » est le seul livre en France qui propose un tour d’horizon aussi complet sur le monde végétal. Ces géants immobiles, nichés entre ciel et terre, sont apparus il y a plus de 400 millions d’années. Ils ont été les premiers à peupler notre planète. Ils ont traversé les âges, les tempêtes, un climat aussi varié que puissant, mais ils ne résisteront peut-être pas au passage de l’être humain, qui est en train d’anéantir les écosystèmes les plus riches de la terre. Ingénieur forestier, botaniste, mycologue, philosophe, journaliste, photographe, cultivateur : des plumes scientifiques et poétiques se sont unies pour vous proposer un tour d’horizon le plus complet possible sur notre monde végétal. Des sujets variés pour comprendre nos plus fidèles alliés, savoir comment les protéger et créer, peut-être, un sursaut collectif en devenant des gardiens de la forêt.
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