La préfecture de Corrèze a annoncé la naissance de deux nouveaux louveteaux sur le plateau de Millevaches, s’appuyant sur des données du réseau loup-lynx, coordonné par l’Office français de la biodiversité (OFB). Au total, six louveteaux ont été recensés dans la région ces deux dernières années.
Le retour du canidé en Limousin avait pourtant été difficile. Le premier loup, un mâle solitaire, découvert sur le plateau de Millevaches en décembre 2021, avait été abattu par des lieutenants de louveterie en mai 2023.
Un an plus tard, un mâle et une femelle s’étaient installés sur ce territoire laissé vacant. Mais le mâle avait, à son tour, été pris pour cible en juillet 2024 et grièvement blessé à la cuisse. Il avait malgré tout survécu et, avec la femelle, avait donné naissance à quatre louveteaux au printemps 2025.
Ces nouvelles naissances, un an plus tard, laissent présager une installation durable du grand canidé en Limousin et une poursuite de la recolonisation de territoires situés au-delà de l’arc alpin.
Des individus toujours menacés
Si la population croît, la survie des individus n’est pas garantie pour autant. Les membres de l’association Carduelis estiment que plusieurs individus ont peut-être déjà été braconnés.
« Nous avons perdu la trace du mâle reproducteur de l’année dernière début décembre », explique Carmen. « On avait des données presque quotidiennes durant tout l’automne puis on ne l’a jamais revu. On soupçonne du braconnage. »
La disparition du mâle n’a cependant pas été officialisée par les services de l’État. Selon Carmen et Vincent de l’association Carduelis, le père des deux louveteaux nés en 2026 serait un mâle déjà observé dans la région au printemps 2025. Il aurait retrouvé la femelle après la disparition du précédent reproducteur.
Au risque de braconnage s’ajoute celui des tirs de défense, autorisés par la loi en cas d’attaques de loups sur les troupeaux et facilités depuis l’abaissement du statut de protection du loup en France, en février 2026.

Deux des louveteaux nés en 2025 – Février 2026 – Association Carduelis
Un renforcement des moyens de protection ?
Selon la préfecture de Corrèze, en 2025, 222 ovins et 6 bovins tués ou blessés, ainsi qu’un chien de protection blessé, ont fait l’objet de constats dont la conclusion était : « responsabilité du loup non écartée ».
Si les aides de l’État ont tardé à être mises en place, l’utilisation de moyens de protection se développe. Gentioux-Pigerolles est devenue, en mai 2026, la première commune de Creuse classée en « cercle 1 ». Cette disposition du Plan national loup permet des aides renforcées, notamment pour financer le salaire de bergers, jusqu’à 80 %.
En France, le gardiennage par des bergers reste, pour l’instant, principalement utilisé dans les systèmes d’estive, où les animaux sont regroupés en grands troupeaux et conduits au pâturage pendant quelques mois de l’année.
« Chez nous, les troupeaux sortent toute l’année et ne sont pas surveillés 24 heures sur 24 », tempère Pascal Lerousseau, président de la Chambre d’agriculture de la Creuse et membre de la FDSEA, dans La Montagne. « Si l’État veut du loup, il faut qu’il prenne en charge à 100 % tous les frais associés à sa présence. »
« Des éleveurs demandent de l’aide », constate Carmen. « Certains se disent « les loups sont là », donc il faut se protéger. 2026 est une année charnière. Les naissances de loups sont très rares hors des Alpes. Deux années de suite, c’est une excellente nouvelle. »
Les membres de l’association Carduelis veulent croire que l’idée d’une coexistence avec la population lupine progresse sur le plateau de Millevaches.
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