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Pollution sonore : Le bruit coûterait à la France 156 milliards d’euros par an

« Les passoires thermiques ont souvent une très faible isolation acoustique. 50% de logements chaque année présentent au moins une non-conformité à la réglementation acoustique. Pourtant, le logement est quelque chose de fondamental pour chacun d’entre nous. »
26 juillet 2021 - Maïté Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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L’agence de la transition écologique (ADEME) a effectué une seconde étude sur le coût social du bruit en France. En comparaison avec celle de 2016, cette seconde étude est élargie à de nouvelles populations, à de nouvelles nuisances et à de nouvelles pathologies. La pollution sonore est un enjeu environnemental mais également un problème sanitaire majeur qui n’est pas encore assez pris en compte, et qui demande une plus grande prise d’action par les pouvoirs publics. Bien que le bruit entraîne de sévères dégradations des écosystèmes, cette étude se focalise avant tout sur les coûts humains, et ils sont élevés. Actuellement, 25 millions de français y sont exposés et 9 millions y sont eux, surexposés. Le bruit a coûté à notre pays 57 milliards d’euros en 2016, pour 155,7 milliards en 2020. Il y a eu donc quasiment triplement des impacts financiers de la pollution sonore en France.

On distingue dans le cadre de cette étude trois sources à l’origine du coût social du bruit en France :

  • Le bruit des transports (le passage de voitures, d’avions, ou de trains), qui génère un coût de 104,4 milliards d’euros par an, c’est-à-dire la majorité des dépenses dans ce domaine. Le bruit routier représente à lui seul 52% des coûts. 
  • Le bruit du voisinage (produit par les particuliers, les chantiers en habitation et ceux de la rue). Ce dernier génère une partie non négligeable des coûts, 17% en tout.
  • Le bruit dans le milieu du travail (les équipements en usine ou en bureau, le bruit des collègues, le brouhaha en école), qui représente 14% du coût total.

Chacune de ces catégories induit des effets sur nous et ainsi de véritables coûts :

D’abord des effets sanitaires, c’est-à-dire de la gêne, les perturbations du sommeil, des maladies cardio-vasculaires, l’obésité, le diabète, des troubles de la santé mentale, des difficultés d’apprentissage, des accidents professionnels, etc. Mais également des effets non sanitaires; soit la perte de productivité et des dépréciations immobilières.

Parmi ces conséquences, on compte des coûts marchands, correspondant aux dépenses directement quantifiables, et des coûts non-marchands, qui représentent 86 % du coût social du bruit. On estime ces coûts en multipliant le nombre d’individus exposés par le coût par individu.

Expressway top view, Road traffic an important infrastructure in Thailand

La configuration des métropoles à une place prévalente dans cet enjeu. L’étude offre des solutions pour analyser les coûts et les bénéfices, afin que les territoires se saisissent du problème et l’intègrent dans leurs projets. 

L’ADEME accompagne également les entreprises vers la décarbonisation en se basant sur l’urbanisme durable, dont les problématiques liées au bruit, car il y a des concomitances entre l’action qu’on peut prendre sur d’autres sujets environnementaux et du bruit. Des recherches ont ainsi été mises en place sur les actions à co-bénéfice s’avérant efficaces ; 4 mesures ont été étudiées pour agir sur la réduction du bruit à la source et la qualité de l’air : la réduction de 10 km/h sur les voies rapides, le déploiement de zones à faibles émissions sonores, l’amélioration de la qualité acoustique des bâtiments scolaires et l’application d’une charte chantier propre, c’est-à-dire l’utilisation dans ce cadre de produits moins émetteurs, moins bruyants, et à des heures moins impactantes. 

L’ADEME indique que la source la plus bruyante étant les voies routières, les actions sur le trafic routier sont parmi les plus efficaces, notamment les techniques de revêtements de chaussée qui protègent davantage les riverains puisque cela profite à tout le monde, ce qui n’est pas le cas des murs anti-bruit. Les deux roues font notamment partie des nuisances les plus fortes et des radars sonores sont en cours d’expérimentation pour mettre en place des sanctions.

Pour René Gamba, acousticien militant, les sources humaines peuvent être dénoncées mais une grande partie des nuisances est liée à la mauvaise acoustique des bâtiments. Et parmi d’autres, parler normalement, un comportement humain normal, ne peut pas être incriminé : 

« Les passoires thermiques ont souvent une très faible isolation acoustique. 50% de logements chaque année présentent au moins une non-conformité à la réglementation acoustique. Pourtant, le logement est quelque chose de fondamental pour chacun d’entre nous. » 

Aucune étude n’a été faite sur les inégalités dans le cadre de cette recherche sur le coût social du bruit en France, mais il y a un parallélisme évident puisque les gens qui subissent le plus le bruit dans leur logement sont aussi ceux qui subissent le plus le bruit dans leur travail. Pareillement, les enfants qui subissent le moins le bruit ont plus de chances de réussite scolaire.

Il est encore difficile de faire valoir les droits des victimes sur le sujet, c’est pourquoi un ré-engagement politique est nécessaire, nationalement et localement. Le pollution sonore a été reconnue comme un problème anormalement grave depuis une quarantaine d’années et est pourtant dans la loi, une prise d’action est donc immédiatement possible par les pouvoirs publics. Les bénéfices sociaux qui seraient amenés par des mesures pour éviter les nuisances sonores sont très largement supérieurs aux coûts des investissements nécessaires, particulièrement lorsqu’il s’agit de mises en place ayant un co-bénéfice avec d’autres enjeux écologiques. La somme des actions à donc ici une importance primordiale

Image à la une : THOMAS COEX / AFP

26 juillet 2021 - Maïté Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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