Non, lutter pour la réduction du transport aérien ne relève pas du “fanatisme”

"Contrairement à ce qu’affirment Bertrand Piccard et Catherine Maunoury, nous ne souhaitons pas démanteler le secteur aérien et créer des problèmes d’emplois. La crise offre l’opportunité de prendre une trajectoire radicalement nouvelle pour le secteur. Comme d’autres acteurs tels que le Shift Project, nous soutenons la nécessité d’une décroissance maîtrisée et d’une transition des emplois notamment vers le ferroviaire."
9 octobre 2020 - La Relève et La Peste
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Dans une tribune sortie dans le JDD, Bertrand Piccard et Catherine Maunoury ont critiqué les mobilisations organisées le samedi 3 octobre pour appeler à la réduction du trafic aérien. En réaction, Le mouvement Notre Choix nous a contacté pour publier cette tribune qui constitue une réponse aux nombreux raccourcis qui cherchent à décrédibiliser une lutte légitime, ainsi qu’ils l’expliquent.

Non, les émissions liées au transport aérien ne sont pas négligeables

Selon le Réseau Action Climat, “le transport aérien émet autant de CO2 qu’un pays comme l’Allemagne, 6ème pays le plus émetteur au monde”. Les auteurs avancent néanmoins que “les émissions de CO2 par passager ont diminué de 80% au cours des 70 dernières années”.

Si les avions sont effectivement de moins en moins polluants et que les émissions par passager ont diminué, ces progrès techniques ne suffisent pas à compenser la hausse drastique du trafic depuis 30 ans.

En effet, l’IATA prévoit que le nombre de passagers annuels dans le monde pourrait doubler d’ici 2037 pour atteindre 8,2 milliards de passagers. Selon le RAC, les émissions de CO2 du transport aérien ont plus que doublé en 20 ans.

A cet égard, les efforts de l’industrie aéronautique sont loin d’être suffisants. Au contraire, les entreprises du secteur comme le gouvernement ne semblent pas tirer les conséquences de l’urgence climatique.

A titre d’exemple, les décideurs politiques s’appliquent à revenir sur les engagements pris devant la Convention citoyenne pour le Climat, notamment concernant le secteur aérien.

Par ailleurs, contrairement à beaucoup de secteurs sur lesquels nous ne pouvons pas agir facilement à une échelle individuelle (comme la consommation énergétique des bâtiments, les services et investissements publics, la santé…), diminuer notre recours à l’avion est un choix de consommation immédiat, accessible à ceux pour qui voler n’est pas obligatoire.  

Non, les activistes ne sont pas pour les licenciements de masse

Contrairement à ce qu’affirment Bertrand Piccard et Catherine Maunoury, nous ne souhaitons pas démanteler le secteur aérien et créer des problèmes d’emplois. La crise offre l’opportunité de prendre une trajectoire radicalement nouvelle pour le secteur. Comme d’autres acteurs tels que le Shift Project, nous soutenons la nécessité d’une décroissance maîtrisée et d’une transition des emplois notamment vers le ferroviaire.

Non, l’avion zéro-carbone n’est pas pour demain

Bertrand Piccard et Catherine Maunoury soutiennent que l’aviation relèvera le défi de la décarbonation grâce à l’innovation. Nous ne partageons pas cet enthousiasme : des études techniques récentes ont déjà démontré les limites techniques des solutions envisagées pour verdir le secteur aérien.

Ni l’hydrogène, ni le kérosène de synthèse ou les batteries, ni le biocarburant de troisième génération ne sont des alternatives généralisables ou suffisantes, même à moyen terme.

Or, si nous voulons respecter les objectifs de l’Accord de Paris, nous devons entamer une réduction de nos émissions dès aujourd’hui.

Nous alertons sur les abus de langage des défenseurs de l’aérien, qui parlent à tort “d’aviation verte” ou “d’avion zéro carbone”, et sur la volonté de continuer à faire croître un secteur qui, malgré les efforts technologiques, continuera de polluer.

Nous sommes conscients qu’il y aura des choix difficiles à faire pour les consommateurs et pour l’industrie dans les années à venir, mais tous les acteurs concernés doivent s’abstenir de tomber dans la caricature. À cet égard, le fanatisme n’est pas toujours là où l’on croit.

crédit photo couv : ANV COP 21

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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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