L’extinction invisible des poissons d’eau douce en France

Au total, 39 % des espèces sont même «menacées» ou «quasi menacées de disparition» contre 30 % il y a dix ans lors de la première évaluation de l’état des populations des poissons d’eau douce par l’UICN.
31 juillet 2019 - Sarah Roubato
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Tout le monde a pu remarquer les insectes sur le pare-brise quand on part en vacances, c’est fini. Que l’on entend de moins en moins d’oiseaux chanter. Mais qui peut attester, à part les pêcheurs, qu’il y a de moins en moins de poissons dans nos rivières ? La liste des poissons d’eau douce menacées en France est sortie dernièrement, et il y a de quoi alerter. Ce sont 15 des 80 espèces de poissons qui sont menacés. Parmi eux, des variétés de loches, brochets, ou encore chabots.

Bien souvent ces noms ne nous disent rien. Pourtant, ils jouent un rôle essentiel dans la chaîne alimentaire et l’équilibre des écosystèmes. Plus de poissons, plus d’oiseaux, plus de petits mammifères, et déséquilibres des espaces verts. Les poissons migrateurs sont particulièrement touchés : neuf espèces sur treize sont aujourd’hui menacées.

Crédit photo : Milada Vigerova

Les zones humides sont indispensables au bon fonctionnement de notre environnement. Depuis 1900 pourtant, c’est 50 % de ces zones qui ont disparu. La fragmentation des cours d’eau naturels empêche les poissons de migrer et de se reproduire. Si ces espaces ne recouvrent que 1 % de la surface de la terre, ils regorgent de plus de 100 000 espèces. Au total, 39 % des espèces sont même « menacées » ou « quasi menacées de disparition » contre 30 % il y a dix ans lors de la première évaluation de l’état des populations des poissons d’eau douce par l’UICN.

En cause en particulier, le dessèchement de zones humides (construction de barrages et de digues), la pollution chimique et le réchauffement climatique. À ce stade, la marge de manoeuvre pour stopper cette tendance semble limitée. Les efforts individuels pour manger moins de produits d’origine animale semblent bien insuffisants. L’arrêt de projets d’aménagement du territoire et la réhabilitation d’espaces naturels est plus que nécessaire, mais ne semble pas à l’ordre du jour, et surtout loin des préoccupations des citoyens.

Crédit photo : Tyson Dudley

Nous pouvons toutefois nous interroger sur l’indifférence dans laquelle les poissons disparaissent, comparés aux autres règnes. Si les végétariens mangeant du poisson mais pas de la viande existent, l’inverse n’existe pas. On peut se demander pourquoi. Tout simplement parce que notre instinct nous pousse à préserver ceux qui nous ressemblent. Nous nous sentons plus touchés par la maltraitance d’agneaux ou de veaux que par celle des poissons. 

31 juillet 2019 - Sarah Roubato
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