La France et la Finlande essaient d’empêcher des associations de défense de la nature de saisir la justice européenne. Ces dernières souhaitent rétablir le statut de protection du loup dans la législation européenne.
À la suite du déclassement du loup, passé « d’espèce strictement protégée » à « espèce protégée susceptible de mesures de gestion », une coalition d’associations italiennes, hongroises et françaises a déposé le 15 août 2025 un recours en annulation devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
Elles estiment notamment avoir relevé un vice de procédure et arguent d’un manque de bases techniques et scientifiques, obligatoires pour modifier la liste des espèces protégées de la directive « habitats ».
Mais deux États, la Finlande et la France, sont intervenus dans la procédure pour contester le droit des associations à saisir la justice européenne.
« Cette démarche élude un débat démocratique sain, basé sur des données factuelles et scientifiques, et semble privilégier des choix politiques arbitraires », estiment les associations One Voice, FERUS, Animal Cross et le Pôle Grands Prédateurs dans un communiqué.
« Ils ne veulent même pas qu’on bataille arguments contre arguments sur le terrain juridique », ajoute Mickaël Paul, co-président du Pôle Grands Prédateurs pour La Relève et La Peste. « Ils attaquent notre droit même à pouvoir nous exprimer. C’est vraiment grave. »
Ces associations de protection de la nature pointent également la coïncidence dans le temps entre le déclassement du loup et la signature d’accords de libre-échange très contestés dans le monde de l’élevage.
« Dans quelle mesure de tels enjeux ont-ils pu peser sur la décision de déclassement des loups ? » demandent les signataires du communiqué.
Le vendredi 9 janvier 2026, en pleine mobilisation d’agriculteurs contre la politique du gouvernement, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a annoncé son intention d’augmenter de 10 % le seuil du nombre de loups pouvant être abattus en France.
« On ne conteste pas qu’il y a des victimes au niveau de l’élevage », rappelle Jean-Michel Fritz, adjoint coordinateur loup au sein de l’association FERUS, pour La Relève et La Peste « Mais le loup est un faire-valoir pour masquer de plus gros problèmes au niveau de l’élevage en France ».
« Nous appelons solennellement la France à retirer cet acte d’intervention visant à museler les associations de protection de la nature et de défense des animaux, en total désaccord avec les principes élémentaires de la démocratie », concluent les quatre associations.
Pour protéger le loup, une pétition a été lancée.
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