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Les peuples autochtones ont bloqué la COP30 pour dénoncer l’exploitation minière et forestière

« Notre territoire n'est ni un laboratoire, ni une marchandise. Il est sacré ! »

Vendredi 14 novembre, une soixante de représentants des peuples autochtones ont bloqué pacifiquement l’entrée de la COP30, la grande conférence de l'ONU sur le climat à Belém, au Brésil. Ils demandent au président Lula de mettre fin aux ravages de l’exploitation minière et forestière.

Tenus à l’écart des négociations internationales pour le climat, lors de la COP30 à Belém, les peuples autochtones ont décidé d’agir pour faire entendre leurs voix. Ils dénoncent la violation de leurs terres ainsi que les dégâts causés par un gros projet ferroviaire soutenu par le gouvernement brésilien.

Au Brésil, le « Ferrogrão », un projet d’aménagement imposé par l’État et l’agrobusiness, risque de percer la forêt amazonienne sur près de 950 kilomètres, séparant le poumon de la planète en deux territoires plus retranchés et vulnérables que jamais. L’objectif de ce projet : créer un corridor d’exportation de millions de tonnes de maïs et de soja pour conquérir les dernières zones encore préservées de l’Amazonie.

« Ici en Amazonie brésilienne, nous sommes confrontés à diverses menaces, attaques, invasions de territoires », a déclaré lors de l’action une membre du peuple des Munduruku. « Nous voulons que le monde entier sache ce qui se passe, car nous n’avons pas été autorisés à participer à la COP. »

Quelques jours auparavant, plusieurs dizaines d’autochtones avaient déjà forcé l’entrée de la COP, avant d’être arrêtés par les forces de l’ordre. Des centaines de militaires et de policiers armés de fusils d’assaut se sont interposés aujourd’hui face aux peuples autochtones.

Des militants arboraient des drapeaux jaunes pour dénoncer les forages pétroliers au large de l’Amazonie, que le gouvernement brésilien a autorisés au bénéfice de l’entreprise publique Petrobras.

Le président de la COP, André Correa do Lago, et la directrice générale, Ana Toni, ont tout de même échangé avec les protestataires pour débloquer la situation. A l’heure actuelle, on ne sait pas ce qui va ressortir de ces échanges.

« Nous espérons que les dirigeants mondiaux réunis à la COP30 prendront en considération notre existence et respecteront nos droits, en tant que véritables gardiens de la forêt, car il n’y a pas de solution à la crise climatique sans les peuples de la forêt », ont rappelé les peuples autochtones.

Lors du sommet consacré aux chefs d’Etat, le Brésil avait déjà fait un premier geste : 20 % des crédits générés par le nouveau « Tropical Forest Forever Facility » (un mécanisme de financement mixte) seront reversés aux peuples autochtones. Une façon de reconnaître leur rôle de « gardiens de la forêt »

« Notre territoire n’est ni un laboratoire, ni une marchandise. Il est sacré ! », ont-ils rappelé aujourd’hui.

Parmi leurs autres revendications : sanctuariser leur territoire en y interdisant la prospection et le forage liés aux énergies fossiles, obtenir des financements ou reconnaître leur rôle dans l’atténuation et l’adaptation au dérèglement climatique. Depuis 12 000 ans, les peuples autochtones prennent soin des écosystèmes de façon durable.

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Laurie Debove

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