En seulement 3 mois, TotalEnergies a engrangé 4,96 milliards d’euros de bénéfices grâce à la guerre au Moyen-Orient, une hausse de 51% sur un an. Plusieurs partis de gauche exigent une taxation des superprofits pour soulager le pouvoir d’achat des français, durement impactés par la hausse du prix à la pompe.
En pleine crise du pouvoir d’achat, les annonces des résultats faramineux de TotalEnergies ont de quoi outrer les consommateurs. TotalEnergies a annoncé 5,8 milliards de dollars de bénéfices au premier trimestre 2026 (4,96 milliards d’euros), une augmentation de 51% par rapport à 2025.
Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a vanté une « capacité à capturer la hausse des prix » dans un communiqué. Il se serait accordé une augmentation de 15 millions d’euros, selon Greenpeace France. Les actionnaires, eux, ont bénéficié de 55,4 milliards d’euros, via une augmentation du dividende de 5,9 %. C’est la « plus forte croissance de dividende parmi les majors pétrolières », a relevé le groupe.
C’est pourquoi plusieurs partis politiques veulent taxer les superprofits de la major pétrolière. Le PS a déposé une proposition de loi visant les entreprises réalisant « plus de 750 millions (d’euros) de chiffre d’affaires », a indiqué son premier secrétaire, Olivier Faure.
En taxant « entre 20 et 40% » des superprofits de TotalEnergies, cela pourrait rapporter « à peu près deux milliards » d’euros, a estimé le président du groupe socialiste à l’Assemblée, Boris Vallaud, sur franceinfo.
« Il y a une forme d’indécence » à « gagner de l’argent parce que la guerre existe et parce qu’il y a des gens qui aujourd’hui en souffrent », a commenté M. Faure, sur RTL.
LFI appelle à bloquer les prix à la pompe pour protéger les français immédiatement. « Le gouvernement nous dit [qu’il] n’est pas possible [de bloquer les prix du carburant] car les pauvres pétroliers ne pourraient pas s’en sortir », a ironisé sur son compte X le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, ajoutant : « Quand va-t-on arrêter de nous prendre pour des imbéciles ? »
La députée écologiste Eva Sas a également déposé une proposition de loi pour taxer à 66% les superprofits des entreprises pétro-gazières réalisés en période de crise.
De son côté, le Premier ministre Sébastien Lecornu refuse de taxer les superprofits, estimant qu’il s’agit d' »un sujet pour l’année prochaine », à discuter lors des débats budgétaires. « Vous ne pouvez pas inventer un impôt comme ça par un claquement de doigts en milieu d’année », a-t-il dit.
L’Etat prélève des taxes importantes sur les carburants, qui représentent en moyenne 56 % du prix payé par les consommateurs à la pompe. Le gouvernement a encaissé 270 millions d’euros de recettes supplémentaires liées au carburant pour le seul mois de mars
Face à la flambée des carburants, le gouvernement a annoncé des aides directes à trois millions de « travailleurs modestes grands rouleurs », comme les infirmières, et aussi un soutien à différents secteurs (agriculture, pêche, BTP, taxis, etc.).
Au sein du RN, Marine Le Pen et Jordan Bardella ne sont pas d’accord. La première a déclaré être favorable avec la taxation des superprofits, tandis que le second estime que « ce n’est pas la priorité ». Pour lui, le plafonnement du prix des carburants, pratiqué dans 3 300 stations-service par TotalEnergies, suffit (essence à 1,99 euro/l ; diesel à 2,25 euros/l). Plutôt que taxer un grand groupe privé, les deux leaders du RN proposent de diminuer la fiscalité sur les carburants, notamment en passant la TVA de 20% à 5,5% sur ces produits.
En tout, les grandes compagnies pétrolières qui opèrent dans l’Union européenne engrangent plus de 81 millions d’euros de surprofits par jour depuis le début du conflit en Iran, par rapport à leurs niveaux d’avant‑guerre.
Ces profits exceptionnels représenteraient plus de 1,3 milliard d’euros et, s’ils ne sont pas encadrés et que la crise géopolitique perdure, ils pourraient atteindre jusqu’à 24 milliards d’euros cumulés d’ici à fin 2026.
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