À New York, le maire Zohran Mamdani s’entoure d’économistes de renom pour porter une proposition radicale : imposer davantage les ultra-riches. Une initiative qui s’inscrit dans une dynamique globale de remise en cause d’un système jugé de plus en plus inéquitable.
Un système fiscal de plus en plus déséquilibré
Le constat posé par les économistes est sans appel : la richesse se concentre à une vitesse inédite. À l’échelle mondiale, les 1 % les plus riches ont capté 41 % des nouvelles richesses créées entre 2000 et 2024, tandis que la moitié la plus pauvre n’en a récupéré qu’1 %.
Dans le même temps, la fiscalité appliquée aux plus riches s’est considérablement allégée. Aux États-Unis, les 400 plus grandes fortunes paient aujourd’hui environ 24 % d’impôts sur leurs revenus, contre près de 50 % dans les années 1960.
La “taxe Mamdani”, inspirée par Zucman
Face à ce déséquilibre, Zohran Mamdani s’appuie sur les travaux de l’économiste Gabriel Zucman et du prix Nobel Joseph Stiglitz pour proposer une taxation renforcée des ultra-riches.
Au cœur du projet : un impôt visant les patrimoines les plus élevés, dans la lignée de la “taxe Zucman”. Celle-ci repose sur un principe simple : instaurer un taux minimal d’imposition, autour de 2 %, sur les fortunes dépassant les 100 millions d’euros.
Le 15 avril 2026, journée baptisée « Happy Tax Day New York » par Mamdani, marque également le lancement d’une première taxe dite « Pied-à-terre », visant les propriétaires de biens immobiliers de luxe non-résidents d’une valeur supérieure à cinq millions de dollars.
Les recettes attendues sont estimées à au moins 500 millions de dollars par an pour la ville, destinés notamment à financer la garde d’enfants, la propreté et la sécurité des quartiers. Une première dans l’histoire de New York.
Une bataille politique et idéologique mondiale
En s’attaquant directement aux patrimoines les plus élevés, le projet porté par Mamdani marque un tournant. Celui d’un retour assumé de l’impôt comme outil de rééquilibrage, après des décennies de recul de la fiscalité sur les plus riches. L’enjeu est de rétablir une règle simple : un niveau minimal de contribution pour les plus grandes fortunes, afin d’éviter que l’accumulation de richesse échappe largement à l’impôt.
Au-delà du cas américain, la proposition s’inscrit dans un mouvement plus large. Des initiatives similaires émergent dans plusieurs pays, et le G20 lui-même s’est saisi de la question de la taxation des ultra-riches.
Mais si l’idée gagne du terrain, elle reste profondément clivante. Déjà débattue en Europe, notamment en France depuis plusieurs années dans les cercles économiques et politiques, cette taxe a suscité de fortes oppositions, notamment de la part des milieux économiques qui la jugent “confiscatoire” et potentiellement inefficace.
Pourtant, en France, la taxe Zucman rapporterait 25 milliards d’euros par an au pays.
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