Dans les Landes, département le plus boisé de France, la préfecture tente d’endiguer la propagation du nématode du pin avec une coupe rase sur plus de 61 hectares. Une méthode controversée.
61 hectares abattus
La filière sylvicole tremble depuis la découverte début novembre de pins maritimes infectés par un minuscule ver qui se nourrit dans les résineux, provoquant leur mort en quelques semaines. Originaire d’Amérique du Nord, le nématode du pin a déjà envahi l’Asie de l’Est, mais aussi la péninsule ibérique, où il a ravagé plusieurs centaines de milliers d’hectares depuis 1999.
Un arrêté prit le 15 novembre par la préfecture de Gironde impose l’abattage avant le 31 décembre 2025 de tous les résineux de la « zone infestée » : d’un rayon de 500 mètres autour des pins où les nématodes ont été détectés. Une mesure prévue par la réglementation européenne.
Ainsi, plus de 61 hectares vont subir une coupe rase. La zone comprend des parcelles forestières privées, mais aussi des terrains non-forestiers appartenant à des particuliers. 24 propriétaires sont ainsi concernés par ces abattages, entre Angresse, Saubion, Soorts-Hossegor et Seignosse.
Les arbres contaminés par le nématode seront broyés sur place et évacués pour être détruits. Les autres seront analysés pour vérifier l’absence de nématodes puis transformés en papier, en granulés de bois encore en contreplaqué.
Une méthode controversée
Jusqu’à présent, aucun pays dans lequel le nématode du pin a été introduit accidentellement n’est parvenu à l’éradiquer. L’efficacité de la législation européenne imposant des coupes dans un rayon de 500 mètres est critiquée par plusieurs études scientifiques qui démontrent son inefficacité à éradiquer un foyer d’infection par le nématode dans les forêts de pins.
« Les coupes rases ne sont pas les plus efficaces dans certains cas de figures car l’insecte vecteur peut voler au-delà de la zone circonscrite », explique Christelle Robinet, directrice de recherche en modélisation sur les insectes forestiers à Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) au journal 20 minutes.
La chercheuse précise néanmoins que la rapidité de réaction est primordiale et qu’il est « crucial de retirer les arbres infestés avant que la prochaine génération de l’insecte n’émerge » au printemps, et n’aille contaminer d’autres arbres.
Les scientifiques de l’INRAE préconisent la diversification forestière pour limiter la propagation du nématode. Le massif landais étant très majoritairement composé d’une monoculture de pins maritimes, il est très vulnérable aux attaques de ravageurs.
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