Passez votre été avec nos livres Des livres écrits par les plus grands acteurs de la cause écologique pour vous éveiller et vous faire passer à l’action

La fonte de la banquise arctique provoque des vagues de froid de plus en plus violentes

« Cela signifierait des perturbations dans l’approvisionnement en nourriture, en carburant, la destruction de cultures... », énumère Jeffrey Welker, de l’Université d’Alaska à Anchorage.
10 avril 2021 - Marine Wolf
FacebookTwitter
Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

Commander

La fonte de la banquise arctique entraine une accentuation des chutes de neige en Europe. Si le phénomène peut sembler contre-intuitif, c’est pourtant ce que révèle une étude publiée ce mois-ci dans Nature geoscience.

Une équipe internationale de chercheurs s’est penchée sur l’épisode glacial qui a frappé l’Europe en février et mars 2018. Connu comme le « phénomène Moscou-Paris » ou la « Bête de l’Est », celui-ci avait paralysé la plupart des pays situés au nord du continent.

L’Europe avait ainsi subi des températures extraordinairement froides et la neige était tombée à des latitudes aussi basses que celle de la ville de Rome.

L’étude, intitulée « Arctic sea-ice loss fuels extreme European snowfall », montre que cette vague de froid aussi chargée en neige se trouve directement liée au manque de glace dans la mer de Barents.

Située au large du littoral arctique de la Norvège et de la Russie, cette mer est particulièrement touchée par le recul de la banquise en hiver. Sa couverture de glace en mars a en effet décliné d’environ 50 % depuis 1979.

Or, la glace agit comme « un couvercle sur l’océan », indique l’auteure principale de l’étude Hannah Bailey, de l’université finlandaise d’Oulu. Ce couvercle empêche l’eau qu’elle recouvre de s’évaporer dans l’atmosphère.

Cette année-là, lorsque l’air glacial de Sibérie a déferlé vers l’est, une crête barométrique s’est installée au-dessus de la mer de Barents. La température de surface des océans a alors augmenté de 5 °C par rapport à la moyenne.

Les courants d’air froids et secs passant au-dessus de cette mer de Barents à 60 % dénuée de glace, et dont l’eau était relativement chaude, ont absorbé une humidité importante. C’est cette humidité qui a été la source des exceptionnelles chutes de neige qu’a connue l’Europe.

En résumé, si la surface de la mer n’avait pas été si exposée, elle n’aurait pas fourni autant d’humidité et la Bête de l’Est aurait apporté beaucoup moins de neige en Europe.

L’archipel François-Joseph entre la mer de Kara à l’ouest, la mer de Barents à l’est et l’océan arctique, photographié par la Nasa le 13 juillet 2021 Handout – Crédit : NASA

La récolte de données en Arctique implique de grandes difficultés logistiques. Jusqu’à présent, peu de chercheurs s’étaient donc intéressés au possible lien entre la fonte de la banquise en Arctique, l’évaporation accrue de la mer et un événement météorologique extrême précis.

Pour cette étude, les chercheurs ont mesuré en temps réel les isotopes que contenait la vapeur d’eau atmosphérique jusqu’en 2018. Puisque les isotopes de la vapeur d’eau issue de neige fondue étaient différents de ceux de la mer, ils ont pu quantifier l’excès d’humidité s’étant dégagé de la mer de Barents pendant cette période.

En combinant les méthodes isotopiques et les données satellites, les auteurs ont découvert que 88 % de cette neige, soit 140 milliards de tonnes, provenait certainement de l’évaporation de la mer de Barents.

Cette étude met en lumière une tendance de long terme. Les modèles climatiques indiquent en effet que la mer de Barents pourrait perdre l’intégralité de sa glace hivernale d’ici le début des années 2060. Elle constituerait donc en hiver une source majeure d’humidité pour la région.

Les événements de chute de neige extrême dans le nord de l’Europe se multiplieraient, avec une multitude d’impacts sur le trafic et les infrastructures.

« Cela signifierait des perturbations dans l’approvisionnement en nourriture, en carburant, la destruction de cultures… », énumère Jeffrey Welker, de l’Université d’Alaska à Anchorage.

En 2018, rien qu’au Royaume-Uni, la paralysie causée par La Bête de l’Est avait coûté au pays plus d’un milliard d’euros par jour.

Crédit photo couv : Julien Mattia / NurPhoto / NurPhoto via AFP

10 avril 2021 - Marine Wolf
FacebookTwitter
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

Votre soutien compte plus que tout
Faire un don
Recueil - Hors-série « Recueil » est le titre de notre nouvelle édition. Ce hors-série regroupe tous les plus beaux textes de La Relève et La Peste depuis plus de 7 ans. Nous avons réuni 14 auteurs qui ont façonné La Relève et La Peste depuis ses débuts. Ce livre vous permet de tout comprendre sur les plus grands enjeux de notre monde. Que vous ayez déjà nos livres ou que vous souhaitiez connaître nos éditions, le meilleur choix est ce hors-série qui donne une vision globale de notre travail éditorial.
Commander
Envie de s’informer ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour vous informer différemment
Derniers articles
^