L'Observatoire des Médias sur l'Écologie a publié son bilan semestriel sur la mésinformation dans les médias français. Malgré les inondations et vagues de chaleur qui ont frappé le pays, 452 cas de désinformation ont été détectés sur les 6 premiers mois de l’année 2026, une hausse de 28 % par rapport à 2025.
Qu’il est loin le temps du grand sursaut écologique des médias. En mars, la couverture environnementale est tombée à 2,8 % du temps d’antenne, plus bas niveau depuis le début des mesures en 2023.
Il a fallu attendre le pic historique de la grande canicule de juin 2026 en France pour que cette couverture atteigne 19 % la semaine. « L’environnement n’existe médiatiquement que lorsqu’un événement l’impose, avant de redescendre d’autant plus bas qu’il est monté haut », explique QuotaClimat.
Malgré les impacts sanitaires de cette chaleur mortelle, des médias ont diffusé des discours relativisant l’intensité ou la fréquence de ces épisodes, notamment CNews et LCI.
« Il ne faut pas non plus, sur la base de ces fortes chaleurs, qui sont des phénomènes météorologiques, en déduire des conclusions climatiques », a dit Raphaël Stainville, journaliste pour Le JDD, sur CNews, le 2026-05-27 13:14:00, à l’inverse des données scientifiques existant sur le sujet.
« On ne va pas atteindre 44 à Paris, à Paris ça sera moins qu’en 2019. Donc on ne peut pas dire que c’est nouveau et qu’on n’a jamais vu ça, ce n’est pas vrai. Et n’oubliez pas qu’en 1976 c’était incroyable aussi », a menti Luc Ferry, chroniqueur et éditorialiste chez LCI, sur LCI, le 2026-06-21 20:40:00

Source : Observatoire des Médias sur l’Écologie
Toujours sur LCI, Luc Ferry a accusé le GIEC « d’avoir menti et de le savoir » – sans que la présentatrice ne démente. Il a ainsi relayé une fake news de Trump dans un média français de premier plan. QuotaClimat a saisi l’Arcom suite à cette séquence.
Durant le premier semestre 2026, 452 cas de mésinformation climatique ont été détectés au sein des médias audiovisuels (17 cas par semaine en moyenne), une hausse de 28 % par rapport aux 353 cas détectés lors du premier semestre 2025. Les quatre pires médias : CNews, Europe 1, Sud Radio et RMC.
Ces pics de mésinformation se sont produits à trois moments précis : la publication de la programmation pluriannuelle de l’énergie, le blocage du détroit d’Ormuz et les vagues de chaleur successives qui ont marqué l’été.
Maigre consolation, les médias lient de mieux en mieux les canicules au climat (42 % contre 33 % en 2023), mais deux fois moins le dérèglement climatique aux énergies fossiles, pourtant responsables de l’augmentation catastrophique des gaz à effet de serre.
A quelques mois de l’élection présidentielle, QuotaClimat appelle les médias à mettre en œuvre des remparts contre la désinformation climatique et le gouvernement à publier un plan national sur l’intégrité de l’information ambitieux.