Un mois après l’avoir classé parmi les oiseaux protégés, la France a interdit la chasse au grand tétras, le plus gros oiseau terrestre sauvage d’Europe, pour enrayer son déclin préoccupant.
Après que le Conseil d’État ait interdit sa chasse pendant 5 ans, la France a définitivement retiré le Grand Tétras, ou grand coq de bruyère, de la liste des espèces chassables. Un décret, publié au Journal officiel, « actualise la liste des espèces soumises à gestion adaptative ».
« La France est le pays d’Europe qui chasse le plus grand nombre d’espèces d’oiseaux. Au total, la chasse est autorisée sur 64 espèces, dont un tiers sont dans un mauvais état de conservation, avec des effectifs qui diminuent chaque année », rappelle ce décret.
Le décret entre en vigueur dès aujourd’hui. Il fait suite à l’arrêté du 3 septembre 2026, qui avait érigé le grand tétras « au rang d’espèce strictement protégée ». Pour la première fois depuis 2009, des nouvelles espèces d’oiseaux ont été ajouté dont le grand tétras, le lagopède alpin et la perdrix des neiges, deux oiseaux de montagne confrontés à un déclin préoccupant.
Désormais, les œufs et les nids de ces oiseaux, ainsi que leurs sites de reproduction et leurs aires de repos, ne peuvent pas non plus être détruits, altérés ou dégradés. « L’idée c’est de stabiliser les populations, voire d’espérer une remontée, même si cela restera difficile », avait précisé la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.
Le déclin en France du grand tétras a été « spectaculaire », souligne la LPO : ses effectifs ont chuté de près de 80% depuis 1960 dans les Pyrénées, avec également quelques noyaux résiduels dans le Jura et les Vosges.
Un plan de réintroduction avait provoqué la polémique dans les Vosges, dont La Relève et La Peste se faisait l’écho. En cause : la mortalité de la quasi-totalité des individus réintroduits causée par l’absence d’enneigement, indispensable à son habitat.
Pour la LPO, « Il faut aller plus loin et stopper la chasse sur toutes les espèces fragiles ».