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Historique : le Mexique décriminalise l’avortement

« C’est un pas de plus dans la lutte historique pour l’égalité (des femmes), la dignité et le plein exercice de leurs droits », a déclaré le président de la Cour, Arturo Zaldivar.
8 septembre 2021 - Maïté Debove
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France

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Le code pénal de l’État de Coahuila, dans le nord du Mexique, punissait jusqu’ici les femmes qui se faisaient avorter avec des peines allant jusqu’à trois ans de prison. Le mardi 7 septembre, au cours d’une séance plénière organisée pour examiner la constitutionnalité de ces articles, la Cour Suprême du Mexique a voté à l’unanimité pour la dépénalisation de l’avortement. Toutes les femmes du pays auront désormais accès à l’IVG et celles qui ont été emprisonnées pour avoir avorté vont être libérées. Une victoire historique pour les mexicaines ayant lutté pour leurs droits.

Évalué en 2018 par les Nations unies comme étant l’un des pays les plus violents envers les femmes au monde, ce pas est porteur d’espoir pour le droit des femmes mexicaines. Selon Reforma, les juges n’ont invalidé que les dispositions du code pénal de Coahuila, or l’avortement est actuellement interdit dans 30 états mexicains.

Les articles des codes pénaux toujours en vigueur des 29 autres états qui criminalisent l’avortement établissent diverses peines contre les femmes, dont 23 d’entre eux qui appliquent des peines de prison, d’une durée de quinze jours à six ans.

Si le Mexique est un pays fédéré où les Etats sont autonomes dans l’adoption de leurs lois, la décision établit cependant une jurisprudence dans tous les tribunaux du pays ; la justice fédérale pourra donc annuler les poursuites engagées par les juges.

Selon Alex Alí Méndez, avocat constitutionnel et expert des questions d’avortement, si un établissement de la santé leur refuse l’avortement, les femmes souhaitant mettre fin à leur grossesse pourront saisir la justice afin qu’un juge fédéral puisse ordonner que l’avortement soit pratiqué. Cet arrêt a donc bel et bien une portée nationale.

« C’est un pas de plus dans la lutte historique pour l’égalité (des femmes), la dignité et le plein exercice de leurs droits », a déclaré le président de la Cour, Arturo Zaldivar. « À partir de maintenant, il ne sera pas possible, sans violer les critères du tribunal et de la Constitution, de poursuivre une femme qui avorte dans les cas validés par ce tribunal »

Des femmes manifestant pour le droit à un avortement légal et sûr sont descendues le jour-même dans la rue à Saltillo, capitale de Coahuila, pour célébrer la décision de la Cour suprême.

Brandissant le foulard vert portant la mention #AbortoLegalYa, la décision est un succès pour la revendication des droits des femmes en Amérique latine, faisant suite à la légalisation tant attendue de l’avortement en Argentine de décembre 2020.

Lire aussi : L’Argentine légalise l’avortement : le succès d’une longue lutte populaire

Il l’est également en Uruguay et à Cuba, mais est strictement interdit au Salvador, au Honduras, au Nicaragua, en République dominicaine et à Haïti. Dans les autres pays, il n’est autorisé que s’il y a un danger pour la vie de la femme enceinte, et dans certains cas s’il y a eu viol, ou si le fœtus n’est pas viable.

Cela fait des années que les mexicaines luttaient pour ce droit. Bien que laïc, l’Église catholique a énormément de poids dans les décisions gouvernementales ce qui a freiné la dépénalisation de l’avortement.

La situation reste très dure pour les femmes dans le pays. Les violences qu’elles subissent sont multiples et ont augmentées, le nombre de femmes violemment tuées par jour s’élevant de 7 en 2017 à 10 en 2019. L’Institut National de Statistiques et de Géographies (INEGI), organisme mexicain, a également signalé au moins 3 millions d’agressions sexuelles entre 2010 et 2015.

Selon le Groupe d’information sur le choix reproductif, l’avortement non-médicalisé serait la quatrième cause de décès maternel au Mexique. Ce jugement est ainsi une décision « historique » pour les femmes du pays.

8 septembre 2021 - Maïté Debove
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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