Dans la réserve marine de Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls, la biodiversité reprend de la vigueur après des décennies de protection. Ce retour du vivant relance aujourd’hui une dynamique locale en faveur d’un élargissement du périmètre, afin de renforcer un équilibre encore fragile.
Une renaissance sous-marine
Créée en 1974, la Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls s’est imposée comme un site pionnier de protection marine en France. Elle s’étire sur 6,5 km et couvre 650 ha de mer entre Banyuls-sur-Mer et Cerbère (communes étant à l’initiative de sa création), juste au nord de la frontière espagnole. Ici, certaines zones sont strictement réglementées, la pêche y est limitée, et les activités humaines encadrées pour préserver les écosystèmes les plus sensibles.
Les résultats sont visibles. Les observations scientifiques montrent une nette augmentation de la biomasse, avec des poissons plus nombreux et de plus grande taille. Parmi les espèces emblématiques, le mérou brun illustre ce renouveau : longtemps rare, il est désormais présent en grand nombre dans les zones les mieux protégées.
Alors qu’il n’y avait que 50 mérous dans les années 80, on en dénombre aujourd’hui plus de 700, rien que dans la réserve. Étant au sommet de la chaîne alimentaire, le mérou est un bon indicateur de la santé des écosystèmes marins.
Sur le terrain, les pêcheurs le constatent aussi. Manu Martinez, vice-président du comité local des pêches et pêcheur depuis une trentaine d’années autour de la réserve, évoque « un effet réserve indéniable sur l’augmentation du nombre, de la taille et des espèces de poissons, même si cet effet reste cyclique ». Selon lui, « les zones accessibles aux pêcheurs sont également plus riches grâce à la réserve ».
Ce regain de vie ne s’arrête pas aux limites du périmètre protégé. Les scientifiques observent en effet un débordement des espèces vers les zones voisines, contribuant à renforcer la biodiversité et, à terme, les ressources disponibles pour la pêche.
Un projet d’agrandissement approuvé par les pêcheurs
Depuis plusieurs années, un projet d’extension de la réserve naturelle marine de Réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls est à l’étude. L’objectif : mieux protéger les habitats marins et renforcer la continuité écologique du site. Cette évolution s’inscrit dans la dynamique plus large de protection des espaces marins en Méditerranée. Une enquête publique est en cours : elle triplerait la surface de 650 à 1680 hectares, avec une mise en œuvre envisagée à l’horizon 2027.
Dans ce contexte, les pêcheurs locaux se disent aujourd’hui favorables à une extension de la réserve. « Ils ont été largement consultés en amont, leur accord était d’ailleurs une condition pour que l’extension de la réserve se fasse » confirme le représentant des pêcheurs.
Cette position repose sur un constat de terrain : la protection a contribué à la reconstitution des stocks et à une amélioration des prises autour de la zone, laissant entrevoir des perspectives plus durables pour l’activité de pêche. Une manière de sécuriser les ressources halieutiques sur le long terme, dans un contexte de pression persistante sur les stocks en Méditerranée.
Cependant, l’extension de la réserve implique une réduction des zones accessibles à la pêche, avec des conséquences économiques immédiates pour certains acteurs.
« Malgré ces contraintes financières, ils estiment nécessaire de faire cet effort. Ils reconnaissent l’importance de poursuivre la protection du milieu marin afin d’assurer la continuité de leur activité de pêche » conclut Manu.
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