Face à la boulimie numérique du confinement, osez le weekend de déconnexion totale

À l’heure où tout le monde se rive sur l’écran pour ne pas s’isoler, ils font l’inverse : couper tout écran et toute connexion pendant le weekend, et voir ce qu’il se passe.
29 avril 2020 - Sarah Roubato
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- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 130 pages
- Impression : France

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Devant les boutiques fermées et les centre villes déserts, on pourrait se dire que tout est arrêté. C’est oublier la sphère où tout continue, et plus que jamais : internet. Pour le plus grand bonheur de Youtube, Facebook, Amazon ou encore Netflix.

Explosion de l’activité numérique en confinement

On s’est d’abord inquiété de la saturation des réseaux. Entre le télétravail, les cours en ligne, les vidéoconférences, les loisirs et les achats en ligne, le trafic est en hausse de 20 à 40% dans les pays confinés. Du jamais vu.

Mais le réseau européen semble bien tenir. Pourtant, beaucoup souhaitent que les pouvoirs publics réclament une baisse de débit aux fournisseurs. En effet l’usage est difficile à anticiper. L’utilisation en journée augmente alors que le pic en soirée stagne.

Si les inquiétudes parmi les professionnels concernent plutôt les liens avec les pouvoirs publics, et le respect de la neutralité internet, du côté des usagers, la peur d’être déconnectés fait suite à la peur de pénurie alimentaire. On parle de « risque de surchauffe », et on pointe le spectre de la limitation de la consommation sur internet. Les trois gros mangeurs de trafic sont Netflix (qui représente un quart du réseau internet), le jeu vidéo Fortnite et une plateforme pornographique.

Pendant ce temps, six amis confinés ensemble en Camargue, proposent sur leur site internet… les weekends déconnexion totale. 

Crédit : Aleksandar Cvetanovic

Le défi d’une déconnexion totale

Rappelez-vous, on vous avait parlé de ces trois amis partis faire un tour du monde à vélo, qui en ont fait un film pour sensibiliser à la protection du vivant.

Mais le film n’est qu’une partie de leur aventure, celle que le public découvre. L’essentiel se trouve ailleurs et ils le disent

« Nos aventures ne sont pas que des tournages : ce qui ressort le plus en “off”, c’est le souvenir de l’ultime simplicité d’être juste avec soi-même et éventuellement les autres, sans aucun autre artefact. Notre tour du monde à vélo de 3 ans s’est réalisé sans aucun téléphone. Nous retrouvions Internet environ une fois à deux fois par semaine, parfois bien moins, sur un ordinateur partagé. Le reste du temps, il n’y avait que la vie présente ici et maintenant. »

Cette contrainte était aussi un choix, et même, un privilège : 

« C’était un luxe immense que nous avons beaucoup de mal à reproduire, comme tout le monde, dans la vie sédentaire et occupée par d’autres priorités. Le smartphone, s’il est un formidable outil, est trop souvent un objet addictif et intrusif captant notre attention contre notre volonté profonde d’être libre et heureux. »

Quand ils ne sont pas en aventure, ils passent leurs journées… sur ordinateur. Et oui, faire un film et gérer un site internet et un réseau, cela prend de longues heures sur écran. Alors ils ont osé. À l’heure où tout le monde se rive sur l’écran pour ne pas s’isoler, ils font l’inverse : couper tout écran et toute connexion pendant le weekend, et voir ce qu’il se passe. Pour eux, ça ressemble à fabriquer un four solaire, un fumoir (pour fumer les poissons ! pas autre chose !) ou encore faire leur pain.

En deux mois de confinement, les projets prennent de l’ampleur : une arche à courges a été construite, faite de treillis en fer de récupération, et un projet de kayak en bois est en gestation. Mais surtout, chaque activité est vécue pleinement, car rien ne vient les interrompre. On ne se dit pas qu’on a quelque chose à vérifier, une réponse à attendre… tout ça, on le fera lundi.

Selon un sondage BVA Orange-Psychologies qui date déjà de trois ans pourtant, les utilisateurs de smartphone le consultent en moyenne… 200 fois par jour. En Chine et au Japon, des centres de désintoxication aux téléphones ont été ouverts, pour lutter contre ce qu’on appelle la nomophobie – la peur d’être déconnecté. Cette phobie n’est pas encore reconnue scientifiquement comme l’est l’addiction aux jeux, mais on sait que la reconnaissance des addictions prend du temps.

Les neuroscientifiques ne sont pas d’accord sur le fait que les téléphones développent certaines de nos capacités ou au contraire les limitent. D’un côté nous savons faire plus de choses en même temps, mais pour quelle qualité ? L’idéal est toujours dans l’équilibre et le dosage. Savoir faire plusieurs choses en même temps est très utile, mais pouvoir se concentrer sur une seule activité reste essentiel.

Le four solaire – Crédit : Solidream

Justement, par ce weekend déconnecté, Solidream propose aux gens de retrouver un art de l’équilibre. Goûter deux jours sur sept à la vie déconnectée que nous avons pratiquée pendant des millénaires, où l’amitié, le partage et les loisirs, ne semblaient pas s’en porter   plus mal. 

Voici les règles du jeu. Si la perspective d’un weekend entier est trop impressionnante, on peut le faire sur une seule soirée : 

Début : vendredi 18h. Fin : lundi 8h
Éteindre les téléphones et tablettes, les ranger dans une “boîte”.
Débrancher la TV si vous en avez une.
Respecter cet “état” jusqu’au lundi 8h.
Après ce weekend, les compères de Solidream invitent tout le monde à rédiger ce qu’a apporté cette expérience. Ressenti, pensées, émotions : chacun.e peut partager son expérience s’il le souhaite sur leur site.

Au-delà de la question de la connexion, Solidream nous montre aussi et surtout, que nous avons des ressources d’adaptation et de créativité inimaginables. Que nous pouvons ne pas nous laisser dominer par les événements, mais en tirer le meilleur. Ils nous montrent qu’on peut faire de toute contrainte l’occasion d’un choix, une expérience, et même une aventure, dont on pourrait bien sortir grandis. 

29 avril 2020 - Sarah Roubato
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"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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