Après quatre ans de travaux et moult rebondissements, l’A69 est officiellement ouverte aux « usagers » le 6 novembre 2026. Elle est l’une des autoroutes les plus chères de France pour l’un des bassins les plus pauvres du Tarn. Gain de temps estimé : 12 min.
Il en coûtera la modique somme de 17 € pour faire les 106 km de l’aller-retour Castres-Verfeil pour une voiture thermique véhicule de classe 1. A ce coût de 17 € doit s’ajouter le prix du péage pour arriver sur la rocade toulousaine et ses ralentissements. Ce péage coûte 3,4 € pour un aller retour. Au total, un aller-retour Castres-Toulouse reviendra donc à 20,4 €.
L’A69 a pourtant été officiellement construite pour désenclaver le bassin Castres-Mazamet, l’un des plus pauvres du Tarn si l’on en croit les déclarations de Carole Delga, présidente de la région Occitanie, l’État et NGE/Atosca, Via81 (association pro-autoroute) et autres partisans de l’A69.
Les aides publiques multiples dont ont bénéficié le constructeur et le concessionnaire (NGE/Atosca), se montent à près de 200 millions d’euros : subvention publique de 23,1M€, déviation de Soual et Puylaurens estimée à 75M€, plus un crédit à la TVA de 12M€ sans oublier les 79M€ versés par l’État au titre de dédommagement pour la suspension des travaux suite à l’avis du tribunal administratif en 2025.
Les collectivités locales devaient verser encore 42,2M€ de subventions pour faire baisser le prix du péage de 33 % entre Puylaurens et Soual pendant dix ans. Cette dernière aide de 42M€ a été annulée suite à l’avis défavorable du Conseil d’État sur cet avenant.
Christophe Ramond, président du conseil général du Tarn se sent « trahi » par cette décision du Conseil d’Etat. L’État, les collectivités locales et Atosca ont encore eu la semaine dernière une réunion au ministère des Transports pour essayer de trouver un moyen légal de verser ces 42M€.
Néanmoins, les actionnaires d’Atosca ne se sont pas oubliés puisque 4 millions d’euros de dividendes leur seront versés à l’ouverture de l’autoroute.
A ce péage de 20,4€ l’aller-retour, il faut rajouter le prix du carburant, vu la forte augmentation de celui-ci depuis l’attaque israélo-américaine contre l’Iran. Un simple calcul se basant sur une consommation (sous-estimée) moyenne de 5,5l/100km pour une voiture de classe 1 et un prix moyen du carburant de 2,22€/l permet de voir qu’un aller-retour reviendra à près de 45€.
Heureusement, Atosca a pensé à eux ainsi que Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca. Atosca propose une formule où, au delà de 20 A/R par mois, l’utilisateur pourra bénéficier d’une baisse de tarif.
Martial Gerlinger pense lui aussi à faire un effort sur le prix du péage en s’adressant de nouveau à l’État et aux collectivités locales dans le communiqué de presse d’Atosca du 8 octobre 2026 : « Nous espérons pouvoir renforcer cette politique tarifaire attractive en lien avec l’État et les collectivités territoriales dans les prochains mois. »
Malgré cette « politique tarifaire attractive » à 20,4€ de péage pour une toute petite centaine de kilomètres, malgré les multiples aides publiques directes ou indirectes, malgré les aides aux « gros rouleurs » de l’État, cette autoroute Castres-Toulouse est bien l’un des plus chères de France pour un des territoires décrits comme l’un des plus pauvres du Tarn.
Et n’est donc pas à la portée de tout le monde, loin de là.
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