Europol a révélé une fraude massive à la viande de cheval à travers l'Europe. Ce trafic aurait envoyé à l’abattoir plus de 1000 chevaux alors qu’ils n’y étaient pas destinés. L’ONG foodwatch rappelle que les fraudes n’ont pas cessé depuis le scandale des lasagnes à la viande de cheval de 2013.
Sur ordre d’un juge belge, 200 agents ont mené 24 perquisitions en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Irlande, où des propriétaires auraient abusivement orienté des chevaux vers la boucherie.
Coordonnée par l’office européen Europol, l’enquête concerne une fraude massive à base de documents falsifiés et de modifications des puces électroniques des chevaux. Deux des trois suspects interpellés lors des perquisitions en Belgique ont été incarcérés.
Les enquêteurs soupçonnent « un commerce à grande échelle de chevaux dont l’identité et le pedigree auraient été falsifiés afin de permettre leur déplacement et leur revente à travers l’Europe », d’après Europol.
Faire reconnaître l’animal en cheval de boucherie augmente sa valeur. Cette fraude porte atteinte aux systèmes de traçabilité conçus pour protéger le bien-être animal et la sécurité alimentaire.

Agents Europol sur le terrain
« Ce manège bien rodé permet aux fraudeurs d’engranger des millions d’euros de profit avec un risque de sanction minimal : souvent à peine quelques mois de prison (quand cela va jusqu’au procès) », dénonce l’ONG foodwatch France dans un communiqué.
En France, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) a mené sept perquisitions dans le Gard, en Saône-et-Loire, Mayenne, dans la Sarthe, en Gironde et Haute-Saône.
« Ce trafic concerne des chevaux de loisirs qui ont reçu des traitements médicamenteux et n’auraient jamais dû être consommés. On ignore sous quelle forme on en a mangé, dans la composition de quels produits transformés. Surtout, depuis quand ce manège dure-t-il ? On a le droit de savoir. L’opacité pour les consommateurs est insoutenable, elle sème le doute et entame la confiance », commente Ingrid Kragl, directrice de l’information de foodwatch et autrice du livre-enquête « Manger du faux pour de vrai. Les scandales de la fraude alimentaire » (éd. Robert Laffont).
En France, si la consommation de viande de cheval a chuté depuis l’affaire dite des ‘lasagnes à la viande de cheval’, le pays a encore importé 5 258 tonnes de viande de cheval en 2025 et en a exporté 2 169 tonnes, selon les chiffres de FranceAgriMer.