Un chiffre vertigineux : l'équivalent de près d'un agriculteur sur deux dans le monde est victime, chaque année, d'une intoxication aiguë non intentionnelle aux pesticides.
Une étude publiée ce 2 septembre dans la revue scientifique Frontiers in Public Health rappelle que les agriculteurs et leurs salariés sont en première ligne des ravages des pesticides. Elle dénombre 402 à 433 millions d’intoxications aigües annuelles parmi les agriculteurs et les ouvriers agricoles sur 934 millions de personnes.
« Maintenant que l’ampleur de ces souffrances a été révélée, il faut aider les agriculteurs à accéder à des alternatives plus sûres afin de protéger leur santé et celle de leur famille », a déclaré le Dr Sheila Willis, responsable des programmes internationaux chez Pesticide Action Network UK.
Toutes les régions du monde ne sont pas touchées de la même façon. Le plus grand nombre de cas a lieu en Asie du Sud, devant l’Asie du Sud-Est et l’Afrique de l’Est.
Rien qu’en Inde, il y aurait 169 millions de cas non mortels chaque année, soit plus de 73% des agriculteurs et travailleurs agricoles locaux (230 millions de personnes). Au Burkina Faso, plus de 8 agriculteurs ou travailleurs agricoles sur 10 ont déclaré avoir subi un empoisonnement.
Point de vigilance : l’étude porte uniquement sur les effets directs sur la santé après une exposition aux pesticides, pas aux conséquences après plusieurs années d’exposition. Un même individu peut ainsi subir plusieurs intoxications au cours d’une période donnée.
Les enfants n’ont pas été étudiés. Or, l’utilisation des pesticides a atteint 3,8 millions de tonnes en 2023, soit le double par rapport à 1990.
Les chercheurs appellent à appliquer les recommandations de la FAO : bannir les pesticides les plus dangereux.