Des associations demandent la suspension de la chasse pendant les canicules afin de protéger une faune déjà éprouvée par les fortes chaleurs.
La France sort à peine d’une canicule historique. Fin juin, le thermomètre a grimpé jusqu’à 43,8 °C à Saintes, en Charente-Maritime. Et déjà, un nouvel épisode de fortes chaleurs s’installe. Selon Météo-France, il pourrait durer jusqu’à la mi-juillet.
Face à cette fournaise, plusieurs associations de protection de la faune demandent une mesure d’urgence. Suspendre la chasse pendant les épisodes caniculaires. Car, pour certaines espèces, la saison est déjà ouverte. Renards, chevreuils, daims et sangliers peuvent être abattus dès le 1er juin, sur la base d’arrêtés préfectoraux.
Une ouverture anticipée vivement contestée. Pour Nos Viventia et l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS), la canicule met la faune sauvage à genoux. Points d’eau asséchés, incendies, déshydratation ou encore mortalité des jeunes animaux.
« Des points d’eau sont à sec, des mammifères et des oiseaux n’ont plus à boire. Des oisillons qui suffoquent dans leur nid se jettent dans le vide. C’est très visible chez les martinets qui nichent sous les toits en ville. Des animaux habituellement discrets ont été vus errant, manifestement déshydratés [notamment des hérissons, ndlr]. Sans parler des feux de forêts qui causent des milliers de victimes non humaines », décrit Pierre Rigaux, militant animaliste et fondateur de Nos Viventia.
« Des millions d’animaux souffrent, eux aussi, du réchauffement climatique »
Le 4 juillet, près de Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, un incendie a dévoré près de 4 600 hectares. Plus de 10 000 habitants ont dû être évacués. La sécheresse, la chaleur et le vent ont transformé la forêt en brasier. Pour Pierre Rigaux, ajouter les fusils à ce scénario est incompréhensible.
« Sur les plans écologique comme agricole, rien ne justifie le tir des renards à aucun moment de l’année. Les jeunes individus sont pourtant particulièrement ciblés au début de l’été. Quant aux sangliers et aux chevreuils, les chasseurs ont raison de dire que les tirs sont relativement limités l’été par rapport au reste de l’année. Ce qui justement n’apporte rien en termes de « régulation », qui est pourtant l’objectif annoncé ! », rapporte-t-il à La Relève et la Peste.
Les associations réclament une suspension automatique de la chasse dès qu’une canicule est officiellement déclarée par Météo-France. Elles rappellent que le principe existe déjà pour les épisodes de gel prolongé. L’article R.424-2 du Code de l’environnement permet en effet aux préfets d’interdire temporairement la chasse.
Pour elles, l’enjeu dépasse la seule protection de la faune. Il s’agit aussi d’adapter la réglementation à un climat où les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et plus sévères.
« Des animaux seraient effectivement préservés. Notamment les renards. Ce serait aussi un signal fort pour rappeler que des millions d’animaux souffrent, eux aussi, des conséquences du réchauffement climatique que nous causons », conclut Pierre Rigaux.
Pour l’heure, le ministère de la Transition écologique n’a pas réagi à cette demande.
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