A rebours du durcissement migratoire observé dans une grande partie de l’Europe, l'Espagne lance un vaste plan de régularisation de sans-papiers qui pourrait bénéficier à « près d'un demi-million de personnes » et soutenir l'économie, a annoncé le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez.
Annoncée fin janvier, la mesure devrait concerner au premier chef des immigrés latino-américains. La procédure devrait courir du 20 avril au 30 juin.
« Le conseil des ministres va approuver aujourd’hui un décret royal qui lance le processus de régularisation extraordinaire de personnes en situation irrégulière dans notre pays », écrit Pedro Sánchez dans une lettre aux Espagnols.
Ce « décret royal » est une réglementation prévue dans la Constitution espagnole qui doit ensuite être publiée au Journal officiel, sans devoir passer par un vote au Parlement, où l’exécutif ne dispose pas de majorité.
« Cette régularisation est, avant tout, un acte de normalisation. Celui qui consiste à reconnaître la réalité de près d’un demi-million de personnes qui font déjà partie de notre vie quotidienne », poursuit Pedro Sanchez.
Dans sa lettre aux Espagnols, Pedro Sanchez évoque « une nécessité » face au vieillissement de la population espagnole et pour soutenir l’économie nationale, la quatrième de la zone euro et aujourd’hui l’une des plus dynamiques d’Europe.
Ce processus de régulation a déjà été appliqué plusieurs fois au cours des « quarante années de démocratie » en Espagne, qui est l’une des trois principales portes d’entrée de l’immigration en Europe, avec l’Italie et la Grèce, majoritairement via l’archipel des Canaries, au nord-ouest de l’Afrique.
Cette réforme a été mise en place suite à une initiative populaire signée par plus de 600 000 personnes et soutenue par quelque 900 associations, qui exigeait la régularisation exceptionnelle de tous les immigrés en situation irrégulière en Espagne.
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