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Fin du tourisme de masse : le Népal durcit les règles d’accès à l’Everest

Les contrevenants s’exposeront à des sanctions sévères : interdiction de grimper pendant dix ans, amende équivalente au coût du permis, voire les deux. Ces mesures envoient un message clair : « L’Everest n’est pas un terrain de jeux ».

Pour en finir avec la surfréquentation de l’Everest, le gouvernement népalais frappe fort. En plus d’interdire les ascensions en solo, il impose aux alpinistes d’avoir déjà gravi un sommet de 7000 mètres, et de redescendre 8 kilos de déchets sous peine de payer une amende de 4000 dollars.

Chaque année, des centaines de personnes se hissent à la conquête du plus haut sommet du monde, l’Everest, qui culmine à 8 848,86 mètres. Ces amateurs de sensations fortes laissent dans leur sillage d’immenses quantités de déchets, faisant du sommet “la plus haute décharge du monde”, et parfois des cadavres.

En 2024, sur les 478 détenteurs de permis d’ascension côté Népal, douze sont morts et cinq ont disparu. Parmi les 12 victimes, 5 étaient des travailleurs d’altitude népalais, recrutés par des opérateurs low-costs d’une industrie jusqu’alors peu réglementée.

En 2025, 468 permis ont été délivrés côté népalais et 73 côté tibétain. La première expédition utilisant le xénon (un gaz anesthésiant), pour accélérer l’ascension en évitant l’étape de l’acclimatation au camp de base, a cristallisé toutes les craintes du gouvernement. Grâce au gaz, des Britanniques ont atteint le sommet en moins de cinq jours, ouvrant la voie à des expéditions plus rapides, et donc encore plus d’alpinistes à son assaut.

C’est pourquoi le gouvernement du Népal a décidé de durcir les conditions d’accès à l’Everest. Désormais, les candidats à l’ascension de l’Everest devront avoir, au préalable, gravi un sommet népalais d’au moins 7 000 m d’altitude. Ce prérequis est déjà exigé côté tibétain.

« La règle proposée vise à réserver l’Everest aux grimpeurs les plus expérimentés et, espérons-le, à réduire les accidents en altitude », confirme un responsable du ministère Himal Gautam.

En plus de devoir prouver leur expérience, le texte de loi impose un certificat médical de moins d’un mois, l’interdiction des ascensions en solo et l’obligation de redescendre 8 kg de déchets sous peine de perdre une caution de 4 000 dollars.

Ce projet de loi protège l’emploi local en stipulant que le sirdar (chef sherpa), les guides de haute montagne et les assistants de chaque expédition doivent obligatoirement être des citoyens népalais. Il prévoit également la création d’un fonds dédié à la protection des alpinistes et de l’environnement pour assurer la couverture sociale des travailleurs népalais, et financer le nettoyage des déchets en haute altitude.

Les contrevenants s’exposeront à des sanctions sévères : interdiction de grimper pendant dix ans, amende équivalente au coût du permis, voire les deux. Ces mesures envoient un message clair : « L’Everest n’est pas un terrain de jeux ». Le gouvernement népalais “tente d’instaurer l’ordre, la responsabilité et la sécurité dans les montagnes”, écrit-il.

Ce projet de loi sur le tourisme a été adopté à l’unanimité en février 2026 par la première chambre du Parlement. Il va bientôt être approuvé par la Chambre des représentants, et devrait être mis en vigueur pour la saison 2027.

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