C'est un triomphe. Le socialiste António José Seguro a largement battu son adversaire d’extrême droite André Ventura au second tour de l’élection présidentielle au Portugal, dimanche 8 février. Son accession à la fonction présidentielle constitue un tournant politique : il est le premier socialiste à parvenir à la présidence depuis 20 ans.
Le socialiste modéré Antonio José Seguro a remporté dimanche le second tour de l’élection présidentielle au Portugal, en devançant largement son adversaire d’extrême droite André Ventura. Le socialiste António José Seguro était crédité dimanche soir de 66,8 % des suffrages, contre 33,2 % pour son adversaire d’extrême droite André Ventura.
“Les vainqueurs ce soir ce sont les Portugais et la démocratie”, a réagi dans la soirée M. Seguro, affichant sa volonté d’être “le président de tous les Portugais”.
M. Seguro, 63 ans, devrait succéder début mars au conservateur Marcelo Rebelo de Sousa, en poste pendant dix ans.
Cette victoire “historique”, juge El País, est le “fruit du soutien massif du peuple portugais – le plus retentissant jamais enregistré, surpassant même celui de Mário Soares – et marquant l’aboutissement du parcours d’un homme politique refusant la polarisation à une époque où les discours haineux pullulent”.
L’élection de M. Seguro a dépassé tous les clivages, et représente la victoire de la modération face à la division.
De l’extrême gauche à la droite, “la majorité des Portugais se sont mobilisés autour d’un candidat qui promet de respecter et de défendre la Constitution et qui a présenté un programme de dialogue et de stabilité. Un élan considérable, surtout par les temps qui courent, venant d’un candidat issu d’une gauche affaiblie”, souligne le quotidien portugais.
Parmi les pouvoirs du nouveau chef de l’État : dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées en cas de crise politique, renvoyer les lois au Parlement en formulant des objections ou les transmettre à la Cour constitutionnelle pour examen.
Sa victoire est d’autant plus impressionnante que le Portugal était encore sous le choc d’une tempête dévastatrice, et que Seguro s’était consacré à l’enseignement universitaire et à l’entrepreneuriat dans le tourisme rural, après sa défaite en 2014.
La mobilisation massive des citoyens portugais dans les urnes pour faire barrage à l’extrême droite a été également poussée par le traumatisme laissé par la dictature salazariste au début des années soixante-dix. Les citoyens portugais n’ont que trop conscience du danger de laisser le pouvoir à l’extrême droite. Pourtant, le candidat d’extrême droite André Ventura n’a pas dit son dernier mot et espère bien remporter d’autres suffrages.
A Seguro maintenant d’insuffler une politique socialiste qui réconcilie la population et constitue une digue de justice sociale solide face aux extrêmes.
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