Mardi 18 novembre, le tribunal judiciaire de Nanterre a donné raison à Nestlé. Perrier pourra donc continuer à être vendue en France sous l’appellation « eau minérale naturelle ».
Le scandale a été rendu public en janvier 2024. Radio France et Le Monde révélaient alors que Nestlé a recours, depuis des années, à des traitements illégaux – filtre à charbon et filtres UV – pour “nettoyer” des eaux puisées dans des nappes phréatiques, polluées par des bactéries, des pesticides et PFAS. Des procédés interdits pour une « eau minérale naturelle », censée être pure à la source et non désinfectée.
Un rapport sénatorial, dévoilé au printemps 2025, confirme l’ampleur de la fraude et pointe la complaisance de l’État, accusé d’avoir couvert pendant des années ces traitements interdits malgré les risques sanitaires pour la population.
En mars 2025, une nouvelle alerte est lancée. Des entérobactéries, issues de matières fécales, sont détectées dans des bouteilles de Perrier, produite sur le site Perrier de Vergèze (Gard). Environ 300 000 bouteilles sont alors bloquées, et leur destruction est envisagée.
C’est dans ce contexte que l’association de consommateurs l’UFC-Que Choisir a engagé, en juin, une action en justice contre Perrier pour pratiques trompeuses, réclamant le retrait du marché et rappel des produits, l’interdiction de leur commercialisation, et la suspension de la mention « eau minérale naturelle » sur des eaux pourtant traitées illégalement.
Ce mardi, le tribunal de Nanterre a balayé ces demandes, arguant dans sa réponse que « l’existence d’un risque sanitaire pour le consommateur lié aux eaux Perrier étiquetées “eaux minérales naturelles” n’est nullement établie avec l’évidence requise en référé, de sorte qu’aucun dommage imminent n’est démontré. »
Une victoire judiciaire pour Nestlé, au détriment des consommateurs et d’autres minéraliers qui respectent encore les règles sanitaires en vigueur.
« Nous sommes en colère. L’analyse faite par les juges est décevante. Nous estimons que la décision n’est pas à la hauteur des enjeux que nous avions dénoncés » estime Gwenaëlle Lejeune, juriste au sein de l’UFC-Que Choisir, auprès de France Inter. « Ça n’entame pas notre détermination pour ce qui est d’assurer la défense des intérêts des consommateurs. »