A peine deux jours après l’adoption de la loi Duplomb, une pétition était déposée sur le site de l’Assemblée nationale pour lui dire non et pour dire oui à « la santé, la sécurité, l’intelligence collective ».
Eléonore Pattery est derrière cette pétition qui a recueilli en une semaine plus de 200 000 signatures. Cette étudiante de 23 ans suit un master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement/Responsabilité Sociétale des Entreprises). « La Loi Duplomb est une aberration scientifique, éthique, environnementale et sanitaire. Elle représente une attaque frontale contre la santé publique, la biodiversité, la cohérence des politiques climatiques, la sécurité alimentaire, et le bon sens », indique-elle.
A travers cette pétition, elle demande l’abrogation immédiate de la loi, la révision démocratique des conditions dans lesquelles elle a été adoptée et la consultation citoyenne des acteurs de la santé, de l’agriculture, de l’écologie et du droit. « Aujourd’hui, je suis seule à écrire, mais non seule à le penser », souligne-t-elle.
L’adoption de la loi Duplomb a suscité de nombreuses réactions de colère. Cette loi visant à « lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » permet la réintroduction de certains néonicotinoïdes, comme l’acétamipride, sur autorisation et à titre dérogatoire, la facilitation de construction d’ouvrages de stockage de l’eau (tels que les mégabassines) ou encore d’élevages de grande taille.
En réaction à cette loi, Fleur Breteau, fondatrice de Cancer Colère, Franck Rinchet-Girollet, porte-parole d’Avenir Santé Environnement (ASE), et d’autres figures de la lutte contre la loi Duplomb ont également lancé une pétition pour demander la sortie des pesticides de synthèse.
Chaque pétition est attribuée à l’une des huit commissions permanentes de l’Assemblée nationale. Au-delà de 100 000 signatures, les pétitions sont mises en ligne sur le site de l’Assemblée nationale pour plus de visibilité et au-delà de 500 000, un débat peut être organisé en séance publique.
Si les pétitions n’ont aucune valeur contraignante, elles permettent de témoigner de la mobilisation citoyenne et des inquiétudes majeures suscitées par cette loi Duplomb, dénoncée par nombre de médecins et de scientifiques.
Les députés de la France insoumise, écologistes et communistes ont déposé le 11 juillet un recours commun au Conseil constitutionnel contre la loi Duplomb, les socialistes en ayant déposé un second de leur côté.