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ZFE : A Londres, l’interdiction des véhicules polluants a réduit les hospitalisations

Une baisse de 8,1 % pour les causes cardiovasculaires, de 6,2 % pour les causes respiratoires et de 3,1 % pour toutes causes confondues.

Depuis plusieurs années, la ville de Londres lutte contre la pollution de l’air à l’aide de dispositifs visant à réduire les émissions des véhicules polluants, comme les zones de faibles émissions (ZFE). Selon une récente étude britannique, ces mesures sont associées à une réduction significative des hospitalisations.

En 2017, c’est d’abord la taxe sur la toxicité (« T-charge ») qui a été instaurée, avec une taxe pour les véhicules polluants afin de les décourager de circuler dans le centre de la capitale britannique. Elle a été remplacée en 2019 par le dispositif de zones à très faibles émissions (ULEZ), obligeant les véhicules à respecter certaines normes ou à s’acquitter d’une taxe quotidienne lorsqu’ils circulent dans le centre de la ville. Le dispositif a ensuite été généralisé à l’ensemble du Grand Londres en 2023.

En France, il existe des zones de faibles émissions (ZFE) dans les centres-villes de 25 villes hexagonales, comme Annecy, Bordeaux, Clermont-Ferrand et Paris. Le dispositif s’appuie sur la vignette Crit’Air octroyée aux véhicules en fonction de leurs émissions de polluant.

Une baisse des admissions pour causes cardiovasculaires

Les deux dispositifs britanniques T-charge et Ulez ont permis d’améliorer la qualité de l’air, notamment aux abords des axes routiers, mais leurs bénéfices sur la santé sont encore peu documentés. Pour pallier ce manque de données, des chercheurs de l’Imperial College London ont réalisé une étude, parue dans la revue Environment International, chez des adolescents de plus de 15 ans et des adultes, résidant dans le centre de Londres, entre janvier 2014 et mars 2020. Les restrictions liées à la pandémie de Covid ayant bouleversé nos émissions, l’étude a porté sur les données avant le premier confinement.

« L’analyse s’est concentrée sur les admissions en urgence d’adultes pour des maladies cardiovasculaires et respiratoires, ainsi que pour toutes causes confondues. Il s’agit d’événements dont on sait qu’ils sont aggravés par la pollution atmosphérique dans un délai relativement court après l’exposition », est-il expliqué dans un communiqué de l’université.

Avant la mise en œuvre de ces dispositifs, le taux d’hospitalisation dans les zones concernées augmentait chaque année d’environ 3 %. Une fois mises en place, une inversion de ces tendances annuelles a été observée, avec une baisse de 8,1 % pour les causes cardiovasculaires, de 6,2 % pour les causes respiratoires et de 3,1 % pour toutes causes confondues.

Les chercheurs ont également comparé les taux d’admission aux urgences dans les zones concernées par les restrictions du centre de Londres à ceux d’une « zone témoin », située en périphérie de la ville, ce qui a permis de confirmer la baisse des admissions pour causes cardiovasculaires (-9,3 %) et toutes causes confondues (-5,1 %), en prenant en compte les autres évolutions qui ont eu lieu au cours de la période d’étude et qui auraient également pu avoir un impact sur le taux d’admission.

En revanche, les résultats n’étaient pas concluants pour les hospitalisations d’origine respiratoire (-2,7 %), car la baisse retrouvée n’était pas significative.

Des recherches en cours pour évaluer l’impact chez les enfants

« Même s’il convient de faire preuve de prudence quant à l’interprétation des conclusions scientifiques concernant une question aussi complexe, ces résultats tendent globalement à confirmer que des interventions similaires menées dans d’autres villes pourraient avoir des effets positifs sur la santé », estime Daniela, autrice senior de l’étude.

Alors que cette étude s’est concentrée sur les plus de 15 ans, il est nécessaire de poursuivre les recherches sur les enfants, qui sont particulièrement vulnérables aux effets de la pollution. « Nous travaillons actuellement dans cette optique et menons des analyses supplémentaires incluant les enfants et les nouvelles zones incluses dans le dispositif », avance Bethan Davies, également co-autrice.

Une étude française parue dans The Lancet Public Health en 2020 avait montré que les hospitalisations pour infarctus avaient diminué de 30 % entre les quatre semaines avant le confinement lié au Covid et les quatre semaines d’après, notamment grâce à la baisse de la pollution de l’air.

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Charlene Catalifaud

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