Face à la raréfaction de la neige, la station de ski du Lac Blanc (Haut-Rhin) va bénéficier d’une subvention de 788 000 euros pour produire de la neige artificielle. Ce vote a entraîné une vive polémique auprès des élus et des habitants.
Les stations de ski vosgiennes sont particulièrement touchées par la hausse de la température hivernale, la baisse des précipitations neigeuses et donc de la durée d’enneigement. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter selon une étude de Météo France commandée par la région Grand-Est, parue en 2023.
Plutôt qu’adapter leurs activités économiques, comme certains le font déjà, la Collectivité européenne d’Alsace a décidé d’accorder une subvention de 788 000 euros à la station de ski du Lac blanc pour moderniser son équipement de production de neige artificielle.
Cette décision a provoqué de vives inquiétudes au sein de la communauté scientifique sur la ressource en eau. Si le syndicat mixte du Lac Blanc estime que les canons à neige nécessitent plus de 2 000 m3 d’eau pour enneiger une piste d’un hectare, les scientifiques parlent eux d’une consommation de 4500 m3 à 6000 m3. Or, ce sont déjà 17 hectares qui sont couverts par de la neige artificielle à la station du Lac Blanc.
« Les niveaux des rivières diminuent et vont continuer à diminuer rapidement, à cause de la baisse des précipitations. Si on regarde, il y a 50% de neige en moins sur les trente dernières années. Et moins il neige, moins il y a d’eau disponible mais plus on a besoin de pomper pour créer de la neige artificielle » avertit Carmen De Jong, professeure en hydrologie à l’Université de Strasbourg, à nos confrères de France3Régions
Face aux accusations, le syndicat mixte du Lac Blanc défend la nécessité de maintenir le modèle économique de la station, qui crée 51 emplois saisonniers chaque hiver, et promet de tout de même se pencher sur le développement de nouvelles activités.
« On nous a dit « on va faire une neige écolo », en reprenant les arguments des producteurs de neige mais sans esprit critique. Au final, on va utiliser de l’énergie et des ressources pour une activité, le ski, qui est condamné à moyen terme » dénonce Florian Kobryn, conseiller d’Alsace du canton de Strasbourg 1, qui a voté contre la subvention.
Pour cet élu, il faudrait plutôt « accompagner la transition du massif » « pour préparer l’avenir et répondre aux besoins du territoire sur plusieurs générations ». Il espère qu’une mobilisation citoyenne s’opposera au projet.