Un amour empoisonné... Sur 27 bottes et bouquets de fleurs achetés pour la Saint-Valentin et la fête des Mères en 2025, Agir pour l'environnement a identifié un cocktail de 99 pesticides différents, dont 46 sont interdits ou non autorisés actuellement en France. Parmi ces 46 pesticides incriminés, 6 sont des pesticides de la famille des néonicotinoïdes.
Une nouvelle alerte de l’association Agir pour l’environnement remet la lumière sur un phénomène sous-estimé : la toxicité des fleurs issues de l’importation. Contrairement aux fruits et légumes, il n’y a pas de réglementation européenne pour fixer des limites maximales de résidus. N’existe pas non plus de contrôle de ces résidus, notamment dans les fleurs importées, qui peuvent pourtant contenir des pesticides interdits d’usage en Europe.
Agir pour l’environnement lance l’alerte : « au sein de ce cocktail toxique, 28 substances pourtant autorisées posent un risque sévère pour la santé humaine et 14 substances également autorisées sont dangereuses pour l’environnement ».
Les fleuristes et leurs familles sont les plus exposés à ces cocktails empoisonnés. En mars 2022, la petite Emmy est décédée à l’âge de 11 ans suite à une exposition prénatale aux pesticides, après des années de lutte contre le cancer. Emmy Marivain est la première enfant dont le décès a été reconnu par le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticide (FIVP).
En décembre 2024, l’Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale (ANSES) a été saisie sur le sujet, mais la législation n’évolue pas. « Faute d’une traçabilité obligatoire, l’origine géographique des fleurs demeure trop souvent imprécise », accuse Agir pour l’environnement.
L’enquête d’Agir pour l’environnement met par ailleurs en évidence que les fleurs françaises et de saison semblent concentrer moins de pesticides que les bouquets importés. En France, une véritable filière de la fleur locale et sans pesticides se met en place, à l’image de la magnifique ferme florale d’Illia Tousis en Chalosse.
Agir pour l’environnement appelle le gouvernement à agir sans délai afin de protéger les milliers de fleuristes. L’association appelle les consommateurs à privilégier les fleurs françaises et de saison, en renonçant aux roses de la Saint-Valentin dont certains bouquets peuvent concentrer jusqu’à 35 pesticides différents.
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