Ce lundi 8 décembre, Sadik Celik a comparu devant le tribunal de Dax pour avoir passé plusieurs semaines dans les arbres. Ce faisant, il gênait le chantier du projet de ligne très haute tension de RTE entre Soorts-Hossegor et Seignosse, contre lequel des landais s’opposent. RTE, partie civile, réclame plus de 108 000 euros de dommages et intérêts.
Sadik est un écureuil infatigable, du haut de ses 61 ans. Animé par une profonde connexion aux « frères arbres », il est empreint de la culture Mapuche dont il porte le surnom. Le militant écologiste a passé plusieurs mois en hauteur, du 24 février au 9 avril 2025, afin de ralentir le chantier de la ligne THT de 400 000 volts en courant continu.
Portée par RTE, ce projet d’interconnexion électrique divise les landais par la menace qu’il fait peser sur les écosystèmes, ainsi que l’absence d’application du principe de précaution sur les conséquences sanitaires d’ondes électromagnétiques si puissantes.
A la barre, Sadik a ainsi expliqué : « Le projet de ligne THT de RTE menace l’écosystème de l’océan et de la forêt de Bordeaux à Gatika. Contre ces menaces, ma conscience me fait faire ce genre d’acte. »
D’abord installés dans des platanes à Capbreton, les écureuils du Groupement national de surveillance des arbres (GNSA) s’étaient ensuite perchés dans une parcelle forestière menacée d’abattage pour enterrer le câble. Ils ont été délogés le 16 janvier 2025. Sadik, lui, avait réussi à s’échapper et est resté en hauteur jusqu’au 9 avril.
Pour entraver le chantier, il n’a pas hésité à se balancer devant les engins et lancer des poches d’excréments sur les machines, ce qui aurait stressé les ouvriers. RTE réclame 98 000 euros de dommages et intérêts pour les retards engendrés par ces actions, ainsi que 10 000 euros au titre du préjudice moral.
Le parquet, lui, n’a pas suivi ces demandes : il requiert 1 000 euros d’amende ainsi qu’une interdiction de paraître sur la commune de Capbreton pendant trois ans. Le collectif STOP THT porte de son côté des recours en justice sur le fond, pour faire annuler la reconnaissance d’intérêt public du projet.
La défense a demandé la relaxe de l’écureuil, en vertu de son alerte sur la problématique du changement climatique. Le délibéré sera rendu le 2 février 2026.
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